Les télomères
Les télomères, la séquence répétitive que l'on trouve à l'extrémité des bâtonnets des chromosomes, se raccourcissent dans de nombreuses cellules humaines avec l'augmentation des divisions cellulaires. Statistiquement, les personnes les plus âgées ont des télomères plus courtes dans leur peau et leurs cellules sanguines que les personnes plus jeunes. Dans le royaume animal cependant, les espèces vivant le plus longtemps ont souvent des télomères plus courtes que celles ayant des durées de vie plus courtes, ce qui indique que la longueur des télomères ne détermine probablement pas la durée de la vie. De solides preuves scientifiques ont montré que la longueur des télomères joue pourtant un rôle dans la détermination de la durée de vie cellulaire en ce qui concerne les fibroblastes humains et certaines autres cellules. Augmenter le nombre de fois la division d'une cellule pourrait cependant prédisposer les cellules à une formation tumorale. Ainsi, bien que les télomères plus courts pourraient jouer un rôle pour ce qui est de limiter la durée de vie cellulaire, il n'existe aucune preuve comme quoi ces mêmes télomères raccourcis aient un rôle dans la détermination de la longévité de la vie humaine.
Les hormones
Un certain nombre d'hormones, comprenant l'hormone de croissance, la testostérone, l'oestrogène et la progestérone, ont montré lors de tests cliniques qu'elles pouvaient améliorer certains changements physiologiques associés à la vieillesse. Sous la surveillance prudente du médecin, quelques suppléments hormonaux peuvent être bénéfiques à la santé chez certaines personnes. Aucune hormone, cependant, n'a montré ni prouvé pouvoir ralentir, stopper ou inverser le processus du vieillissement. Des exemples d'effets secondaires néfastes associés à certains de ces produits ont déjà été observés, et de récentes études sur des animaux suggèrent que les recours aux hormones de croissance pourraient avoir un effet écourtant la durée de vie. Les suppléments hormonaux, vendus maintenant sous le label "médecine anti-âge", ne devraient pas être utilisés par quiconque à moins d'avoir été prescrits pour des utilisations médicales attestées et réelles.
La restriction calorique
L'observation répandue selon laquelle la restriction calorique augmente la longévité doit être tempérée par le fait qu'elle a proportionnellement et progressivement moins d'effets qu'elle a commencé tardivement dans la vie, en plus de la possibilité, à considérer, que les animaux utilisés dans ces études se nourrissaient plus que les animaux sauvages, les prédisposant donc à une mort plus tôt. Bien que la restriction et la limitation calorique pourraient bien accroître la longévité des êtres humains, parce que il en était ainsi chez d'autres espèces animales, il n'y a aucune étude sur les êtres humains prouvant que ça marchera. Quelques personnes se sont soumises elles-mêmes à un régime pauvre en calories, qui, afin d'être efficace, doit s'établir à des niveaux que la plupart d'entre nous trouveraient intolérables. Le fait que si peu de personnes aient tenté une restriction calorique depuis que le phénomène a été découvert, il y a plus de 60 ans, suggère que pour la plupart des gens, la qualité de la vie semble être préférable à la quantité de vie. Les mécanismes inconnus impliqués dans la baisse des risques de maladies, associée à la restriction calorique, sont d'un grand intérêt et méritent des études futures plus approfondies parce qu'elles pourraient conduire à des traitements de type pharmacologique de restriction calorique qui pourraient faire reculer simultanément toutes les maladies attachées à la vieillesse.
Détermination de l'âge biologique
Les scientifiques pensent que les dégâts aléatoires qui surviennent au sein des cellules et parmi les molécules extracellulaires sont responsables de beaucoup des changements, relatifs à la vieillesse, observés chez les organismes vivants. En outre, pour les organismes vivants qui se reproduisent sexuellement, y compris les êtres humains, chaque individu est génétiquement unique. En tant que tel, l'âge de la vieillesse varie donc d'un individu à un autre. Malgré des études intensives, les scientifiques n'ont pas été en mesure de découvrir d'explication fiable aux processus qui contribuent à la vieillesse. Pour ces raisons, toute déclaration affirmant qu'un âge biologique ou "vrai âge" d'une personne peut être facilement mesuré (comme on peut le faire ici), de quelque façon qui soit, ne doit être considéré que comme un divertissement amusant, mais ne doit surtout pas être pris au sérieux, et encore moins scientifique.
Y a-t-il des gènes régissant les processus de la vieillesse ?
Aucune instruction génétique n'est nécessaire pour faire vieillir les animaux, tout comme aucune instruction sur le comment vieillir des machines inanimées n'est intégrée dans leurs plans de construction. Un trouble moléculaire survient et s'accumule dans les cellules et leurs produits, parce que l'énergie nécessaire dans les processus assurant leur subsistance et leur réparation, afin de maintenir leur intégrité fonctionnelle pendant un temps indéfini, devient inutile après leur reproduction. La survie après les années de reproduction et, dans certains cas, "l'éducation" de la progéniture jusqu'à leur indépendance, n'est pas favorisée par l'évolution parce que les ressources limitées sont mieux employées dans des stratégies encourageant la reproduction sexuelle que la longévité. Bien que des gènes influencent et déterminent certainement la longévité, les processus de la vieillesse ne sont pas génétiquement programmés. Des systèmes organisés et des fonctions physiologiques redondantes sont essentielles pour survivre assez longtemps afin de se multiplier dans des environnements qui sont invariablement hostiles à la vie.
Parce que les êtres humains ont appris comment réduire les menaces environnementales pour la vie, la présence de fonctions physiologiques redondantes leur permettent, à eux et aux animaux domestiques qu'ils protègent, à survivre au-delà des âges reproductifs. Des études sur des animaux, ayant conduit à l'idée que les gènes sont impliqués dans la vieillesse, ont démontré qu'une baisse significative des taux de mortalité et une importante augmentation de l'espérance de vie peut être réalisée expérimentalement. Sans exception pourtant, ces gènes n'ont jamais produit d'inversion ou d'arrêt du taux de mortalité qui est une des conséquence les plus importantes de la vieillesse. Les effets apparents de tels gènes sur la vieillesse semblent donc n'être que des conséquences hasardeuses et inattendues de changements dans d'autres phases de la vie, tels que la croissance et le développement, plutôt qu'une modification des processus sous-jacents de la vieillesse. En effet, les arguments évolutionnistes présentés ci-dessus suggèrent qu'un programme unitaire de la vieillesse est improbable et que de telles études signifient plus exactement qu'elles ont un effet sur des déterminants de la longévité, et non pas sur les divers processus biologiques qui contribuent à la vieillesse. A partir de là, la détermination de la longévité n'est qu'indirectement sous contrôle génétique. Ainsi, la vieillesse est un produit de la négligence évolutionniste, et non pas un but de l'évolution.
Pouvons-nous prendre de l'âge tout en rajeunissant ?
Bien qu'il soit possible de réduire les risques de maladies en rapport avec la vieillesse et de masquer les signes de l'âge, il n'est pas possible pour un individu d'avancer en âge tout en rajeunissant. Cela nécessiterait d'inverser la dégradation de l'intégrité moléculaire qui est une des causes de la vieillesse aussi bien chez les sujets animés qu'inanimés. Sinon, à moins de réaliser la prouesse impossible de remplacer toutes les cellules, tissus ou organes des matériaux biologiques permettant ainsi de contourner les processus de vieillissement, prendre de l'âge tout en rajeunissant est un phénomène actuellement impossible.
Le génie génétique
Après la publication des séquences du génome humain, on vit fleurir çà et là des assertions comme quoi ce nouvel espace de connaissances révélera les gènes dont la manipulation pourrait permettre d'intervenir directement sur le processus du vieillissement. Bien qu'il soit probable que les progrès en génétique moléculaire aboutisse bientôt à des traitements efficaces pour traiter et guérir des maladies héréditaires ou gériatriques, il est peu probable que des scientifiques soient en mesure d'influencer la vieillesse directement par génie génétique parce que, comme il a déjà été dit ci-dessus, il n'y a pas de gènes directement responsables du processus de vieillesse. Des siècles d'expériences dans l'amélioration des espèces (en agriculture, chez les plantes et animaux domestiqués ou objets d'expériences) ont révélé que les manipulations génétiques conçues pour accroître un ou seulement quelques caractéristiques biologiques d'un organisme, ont fréquemment des conséquences inverses en ce qui concerne la santé ou la vigueur. En tant que tel, il y a un vrai danger de sélectionner des attributs biologiques en rapport avec une survie prolongée en fin de vie, cela pourrait compromettre des propriétés biologiques nécessaires et importantes pour la croissance et le développement en début de la vie.
Changer des parties du corps
Des suggestions ont été faites selon lesquelles un remplacement complet de toutes les parties du corps par des composants plus jeunes pourrait augmenter la longévité. Bien que possible en théorie, il est hautement improbable que cela devienne un jour une stratégie pratique pour allonger la durée de la vie. Des progrès en ce qui concerne le clonage et la technologie cellulaire sur les cellules souches ou embryonnaires pourraient rendre le remplacement de tissus ou d'organes possibles et auront probablement un impact positif important sur la santé publique dans le futur à travers le traitement des maladies et affections gériatriques. Mais remplacer et reprogrammer le cerveau qui définit ce que nous sommes en tant qu'individu est, à notre avis, plus un sujet de science-fiction qu'un fait scientifique.
Modification du mode de vie et vieillesse
Des styles de vie optimaux, comprenant de l'exercice et un régime alimentaire équilibré associés à d'autres méthodes ayant fait leurs preuves pour la préservation d'une bonne santé, contribuent à augmenter l'espérance de vie en retardant ou en prévenant les évènements des maladies associées à l'âge. Il n'existe cependant pas de preuves scientifiques soutenant les déclarations comme quoi ces pratiques augmentent la longévité en modifiant les processus de la vieillesse.
Remarques pour conclure
Depuis que l'histoire existe, les êtres humains ont été, et sont toujours, victimes de promesses alléchantes leur faisant miroiter le prolongement de leur jeunesse ou l'augmentation de leur longévité, en utilisant des méthodes non éprouvées qui soi-disant ralentissent, stoppent ou inversent les processus du vieillissement. Notre langage à ce sujet ne doit pas être ambigu : il n'y aucun style de vie, aucun changement de style de vie, aucune procédure chirurgicale, aucune vitamine, antioxydants, hormones ou techniques de génie génétique disponibles de nos jours qui ont fait la preuve d'une influence quelconque sur les processus du vieillissement.
Nous encourageons fortement le public à éviter d'acheter ou d'utiliser des produits, ou autres interventions, de qui que ce soit déclarant pouvoir ralentir, arrêter ou inverser le vieillissement. Si les gens, en moyenne, vivront plus longtemps qu'il est actuellement possible, cela ne peut donc seulement se produire que par un ajout d'années de vie à celles qui permettent déjà d'atteindre environ 70 ans ou plus. Cette "fabrication d'un temps de survie" nécessitera des modifications sur tous les processus qui contribuent à la vieillesse - une prouesse technologique qui, bien que théoriquement possible, n'a pas encore été réalisée.
Ce que la science médicale peut nous dire est que parce que la vieillesse et la mort ne sont pas programmés dans nos gènes, la santé et la forme physique peuvent être améliorées à tous âges, principalement en évitant des comportements (comme fumer, une consommation excessive d'alcool, une exposition trop importante au soleil et l'obésité) qui accélèrent l'expression des maladies relatives à la vieillesse et en adoptant des comportements (comme faire de l'exercice et avoir une bonne hygiène alimentaire) qui procureront un avantage à une physiologie qui est modifiable.
Nous soutenons avec enthousiasme la recherche en génie génétique, dans les cellules souches, en médecine gériatrique et en pharmacologie thérapeutique, technologies qui promettent de révolutionner la médecine comme nous le savons. La plupart des biogérontologues croient que la connaissance scientifique, progressant rapidement, porte la promesse que des moyens pourraient éventuellement être découverts pour ralentir le taux de mortalité. Si elles sont couronnées de succès, ces interventions sont susceptibles d'ajourner les maladies et affections gériatriques et d'allonger la période de vie en bonne santé. Bien que le degré de telles interventions pour prolonger la durée de la vie est incertain, nous pensons que c'est le seul moyen grâce auquel un autre bond en avant de l'espérance de vie sera possible. Notre souci est que lorsque les partisans de la médecine anti-âge déclarent que la fontaine de jouvence a déjà été découverte, cela affecte négativement la crédibilité des recherches scientifiques sérieuses sur le vieillissement. Parce que la vieillesse est le plus grand facteur de risque causant la mort et autres pathologies associées à l'âge, une plus grande attention doit être portée aux études sur ses processus sous-jacents universaux.
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