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Pourquoi tant de gens intelligents et raisonnables dépensent tant d'argent en produits et thérapies de médecine dite "alternative", alors même que ces derniers sont inutiles ou dangereux et n'ont pas fait l'objet de tests scientifiques rigoureux ? Plusieurs réponses à cette question : 1) des raisons culturelles et sociales (par ex. l'incapacité des gens à choisir en toute connaissance de cause sur les produits de santé, l'attitude anti-scientifique accompagnant le mysticisme new age, les déclarations vigoureuses et extravagantes des publicités, l'antipathie vis-à-vis de la médecine scientifique, la croyance en la supériorité des produits "naturels"); 2) des raisons psychologiques (par ex. le besoin de croire, les erreurs logiques de jugement, l'espoir secret et les réponses faciles); 3) l'illusion qu'une thérapie inefficace marche, alors que d'autres facteurs interviennent (par ex. le cours naturel ou cyclique de la maladie, l'effet placebo, la rémission spontanée, l'erreur de diagnostic). Lorsque on tombe malade, toute promesse de guérison devient séduisante...
Introduction Si seuls les ignorants et les plus crédules avaient foi dans les déclarations tirées par les cheveux, il n'y aurait pas besoin d'expliquer davantage l'abondance de bêtise dans la société moderne. Mais curieusement, de nombreuses personnes, qui ne sont ni idiotes ni incultes, s'accrochent à des croyances pourtant réfutées par la science. Par exemple : des gens diplômés de l'enseignement supérieur, et même certains médecins, acceptent certains aspects de la médecine dite "complémentaire et alternative", y compris le magnétisme, l'iridologie et l'homéopathie. Même des experts bien entraînés peuvent être trompés quand ils font confiance en leur expérience personnelle, et raisonnent en inférant des causes d'événements complexes1 2 3 4 . Ceci est particulièrement vrai quand ils essayent d'évaluer des situations auxquelles ils sont émotionnellement, idéologiquement et financièrement attachés. En effet, c'est la réalisation de nos défauts de perception, de raisonnement et de la mémoire qui nous rendent enclins à accepter des conclusions confortables, plutôt que vraies, et qui amenèrent les pionniers de la science moderne à substituer les observations contrôlées et la logique formelle aux anecdotes et aux conjectures qui peuvent nous égarer si facilement. Cette leçon semble pourtant avoir été oubliée par les tenants des médecines parallèles. Certains d'entre eux, comme Andrew Weil, la rejette explicitement, défendant à la place ce qu'il appelle "la pensée saoule", qui est un mélange d'intuition mystique et de satisfaction émotionnelle, pour déterminer la validité d'une thérapie.5 Ceux qui soutiennent des thérapies de ce genre, ont l'obligation de prouver que leurs produits sont à la fois sans danger et efficaces. Ce dernier élément est le plus difficile parce qu'il y a énormément de subtilités qui pousseront tout thérapeute, ou patient, honnête et intelligent, à croire qu'un traitement inutile a permis la guérison alors qu'il n'en est rien. Les médecines parallèles demeurent "alternatives" parce que leurs praticiens dépendent de témoignages subjectifs plutôt que d'essais cliniques randomisés pour les confirmer, et parce que la plupart de leurs hypothétiques mécanismes sont en contradiction avec la science. C'est mon intention, ici, d'attirer l'attention sur les différents facteurs sociaux, psychologiques et cognitifs qui poussent à convaincre de nombreuses personnes que des traitements scientifiquement discrédités, ou non prouvés, sont valables.Au siècle dernier, des procédures objectives ont été développées afin de tester l'efficacité des remèdes présumés et pour aider à distinguer les changements induits dans une condition pathologique sous-jacente, du soulagement subjectif pouvant suivre toute intervention. Ces procédures forment la base de ce que l'on appelle "la médecine scientifique", et sans une démonstration claire et nette qu'un traitement est sans danger et efficace, il est éthiquement discutable de le proposer au public. Etant donné que la plupart des thérapies dites "alternatives", "complémentaires" ou "intégratives" manquent de ce type de support, on peut se demander pourquoi tant de consommateurs payent avec confiance pour des produits de santé non prouvés, et possiblement dangereux. Et pourquoi leurs praticiens restent si réfractaires aux données contradictoires ? Si une thérapie, peu orthodoxe, est invraisemblable dans ses fondements a priori (parce qu'elle implique des mécanismes ou des effets putatifs qui entrent en conflit avec des lois ou des découvertes bien connues en physique, chimie ou biologie); n'a pas les bases scientifiques acceptables et nécessaires; a un nombre de preuves insuffisantes provenant d'essais cliniques contrôlés; a échoué lors de tests cliniques rigoureusement contrôlés par des appréciateurs impartiaux et a été incapable de donner des explications concurrentes sur le pourquoi/comment elle semblait marcher dans d'autres situations; et enfin paraît improbable (même chez le profane) au sens commun, comment se fait-il que des personnes parfaitement instruites continuent à payer pour un tel traitement ?Les consommateurs de telles thérapies peuvent être rangés en gros en deux groupes. Une fois qu'un acheteur de l'un ou l'autre des deux groupes essaye un traitement "alternatif", les biais de jugement évoqués plus loin auront tendance à rendre valide la moindre intervention pourtant sans valeur. Les clients réguliers du premier type sont souvent attirés par les médecines alternatives parce qu'ils souffrent de pathologies ou de douleurs chroniques que la médecine ne traite pas, à leur avis, avec satisfaction, ou parce qu'ils vivent dans la peur morbide de tomber malade. Ils supposent, de façon erronée, que des autorités compétentes ont validé ces thérapies et leurs produits. L'autre type d'utilisateurs se tourne vers les traitements alternatifs pour des considérations plus philosophiques, ils ont une vision du monde et de la santé plutôt animiste, vitaliste et holistique, tout en rejetant les considérations mécaniste et empirique de la médecine scientifique 6. Les médecines alternatives adoptent des critères subjectifs et émotifs, tandis que ses détracteurs demandent des preuves objectives. C'est justement parce que le concept de la santé, chez ces adeptes, se fond, en même temps, dans leur conception fondamentale de la réalité, que le fait d'attaquer leurs croyances dans ces guérisons "magiques" devient une menace pour leur système métaphysique du monde tout entier. Menace contre laquelle ils résisteront bien entendu avec ferveur. La capacité de défendre une vision du monde basique est soutenue par un certain nombre de biais cognitifs, qui filtrent et déforment toute information contraire. Nous reviendrons sur ces processus qui conduisent les adhérents des médecines alternatives à mal interpréter leurs expériences, en renforçant plus encore leur croyance. Mais examinons d'abord le milieu culturel qui a développé ce désir d'épouser de telles pratiques.
Les raisons culturelles et sociales de la popularité des thérapies non prouvées Plusieurs tendances ont contribué à la popularité actuelle des thérapies parallèles, en dépit de (et dans une certaine mesure, à cause de) son rejet par la science. La résurgence de la médecine "populaire" suit, pour une grande part, le retour nostalgique à la simplicité et à la spiritualité des néo-romantiques, pénétrant la "contre-culture" des années 1960 et 1970 7. Les enfants de cette génération forment maintenant les rangs du mouvement New Age, qui promeut avec enthousiasme toute forme de guérison "magique" ou non conventionnelle8. Les thérapies parallèles suivent le désir iconoclaste d'un retour aux temps anciens plus simples, et font naïvement confiance dans la bienveillance de la "Nature" oubliée, selon eux, en ces temps agités. Comment ce point de vue a-t-il bénéficié à la médecine non scientifique ?Une éducation scientifique très pauvre. Les études révèlent uniformément que, malgré leur écrasante dépendance à la technologie, les habitants du monde industrialisé sont étonnamment ignorants des rudiments de la science 9. Par conséquent, la plupart des gens manque de la connaissance nécessaire pour pouvoir faire un choix informé quand ils doivent décider si un produit de santé à tout faire, est sensé ou non. Les attitudes anti-intellectuelle et anti-scientifique du mysticisme New-Age. En tant qu'application majeure du New Age, les thérapies alternatives partagent la vision magique du monde du mouvement6. En donnant la primauté aux émotions, en tant que critères de vérité, plutôt qu'aux données empiriques et logiques, les gourous New Age arrivent à convaincre beaucoup de personnes que "tout va bien"5. Même chez les "élites", il y a des partisans engagés, défendant la notion selon laquelle l'objectivité n'est qu'une illusion et que l'intuition de chacun sur un sujet donné, détermine sa valeur10 , 11. En dénigrant la science, ces détracteurs ont élargit le champ de leurs partisans pour toutes sortes de produits et techniques médicaux pseudoscientifiques et magiques12 , 13.Les dualismes corps/âme font partie intégrante de la pensée New Age, y compris dans les médecines alternatives, bien que ironiquement, ce sont les disciples de ces thérapies qui accusent souvent les critiques scientifiques d'être binaires14 , 15. Les dévots de ces thérapies sont de vrais mystiques, et leur dualisme ressort dans leurs appels constants à des intercesseurs indétectables et spirituels, conférant la "santé" à ceux qui le méritent. Cet obscurcissement est nécessaire pour pouvoir vendre le bobard ressassé selon lequel la médecine scientifique sous-estime les effets du mental sur la santé6. Indubitablement, il y a des effets psychologiques sur la maladie, mais leur importance a été grossièrement exagérée par les promoteurs des thérapies alternatives16. Des exagérations de ce genre ont conduit à la résurgence d'anciennes "guérisons spirituelles", qui prétendent que les véritables causes des maladies (et leur guérison) résident dans l'esprit, considéré par les new agers comme étant l'équivalent de l'âme17. Plusieurs bonnes critiques sont apparues, qui exposent la confusion et les artifices qui forment la littérature sur la spiritualité comme facteur de santé18 , 19 , 20. Une autre supposition troublante de la propagande médicale new age est celle selon laquelle la position morale de quelqu'un modifie l'impact des forces naturelles sur son corps. En acceptant ce point de vue anthropocentrique et vitaliste, les guérisseurs retombent dans les anciennes considérations pré-scientifiques de la maladie en tant que rétribution surnaturelle. Le plus malheureux dans tout cela, sont les condamnations implicites faites aux victimes, déjà malades, en leur reprochant en outre d'avoir fait quelque-chose de mal pour avoir mérité la douleur qu'ils subissent.Un vigoureux marketing et des déclarations extravagantes. Selon une enquête21, rien qu'aux Etats-Unis : "les dépenses personnelles en 1997 en rapport avec les thérapies alternatives ont été estimées à 27 milliards de dollars, comparables aux dépenses médicales américaines." Le nombre annuel de visites chez des thérapeutes excèdent celles chez les médecins. Riches de ces données qui les motivent, il n'est pas surprenant d'apprendre que les guérisseurs ont atteint cette position grâce à une politique marketing agressive et un lobby intensif. La plupart du temps, des promesses de guérison ou de bien-être mirifiques sont faites, ce qu'aucun praticien formé à la médecine n'oserait ou ne voudrait faire. Malheureusement, la population soumise à cette marée publicitaire n'est pas suffisamment équipée, pas assez informée, pour évaluer la teneur réelle d'une telle avalanche d'hyperboles9. Une vérification insuffisante des médias et l'attaque des critiques. A quelques exceptions près, les médias tendent de donner aux thérapies alternatives une libre audience. Ses déclarations enthousiastes, faites d'histoires fascinantes, sont rarement contestées par les médias, dont les dirigeants savent ménager l'audience le regard fixé sur l'audimat. L'autre facteur dérangeant, qui décourage les éventuelles critiques des traitements non scientifiques, est le fait que beaucoup de ces thérapies ont été importées de cultures non Européennes et sont prônées par des femmes. Les promoteurs peuvent alors être tentés d'esquiver toute critique en se cachant sous le bouclier du racisme ou du sexisme. Par exemple, une pratique rejetée scientifiquement comme celle du toucher thérapeutique (une forme de magnétisme) a été adoptée par plusieurs écoles d'infirmières.C'est parce qu'il y a encore des institutions formées en grande partie par des femmes, que ses détracteurs sont accusés de sexisme. De la même manière, lorsque un de mes collègues et moi-même avons critiqué certains aspects de la médecine traditionnelle chinoise22, nous fûmes accusés d'insensibilité culturelle et de racisme23. On nous a accusé de critiquer la médecine traditionnelle chinoise alors que nous ne connaissions rien à la philosophie qui l'a engendrée. Accepter sans broncher une telle réprimande signifierait que personne, sinon un cuisinier hors pair, n'est en mesure de dire quand un repas est mauvais. L'attitude réellement raciste et sexiste serait de considérer les déclarations empiriques et testables des autres cultures, ou d'un autre sexe, comme inférieures par nature. Il s'agirait d'une affirmation d'infériorité intellectuelle. Heureusement, il y a énormément de critiques provenant de ces communautés, qui trouvent ces pratiques non éprouvées tout aussi archaïques et douteuses que leurs collègues blancs ou européens24 , 25. Le malaise social et la perte de confiance dans les formes d'autorité traditionnelles : une désillusion culturelle croissante se nourrit de la croyance selon laquelle tous les problèmes de la société doivent être le fait d'une connivence active, de cabales secrètes mais puissantes, plutôt que simplement le résultat d'erreurs accumulées sans mauvaises intentions cachées. Comme ces grandes théories constitutionnalisés se développent, on tire allègrement sur ceux suspectés de comploter contre le bien général26. La plupart de ceux qui professent ce genre d'idées sont convaincus que le gouvernement, et les professions médicales ou scientifiques, font partie du complot. Ces rêveries complotistes ont été renforcées par deux autres, d'ailleurs pas totalement injustifiées, entretenant un contre mouvement "anti-médecin" que les médecines parallèles ont exploité.Le premier est la déception provenant de l'échec de prédictions trop optimistes sur la percée médicale à se matérialiser. L'autre est la réalisation que la médecine, en tant que profession autorégulée, n'a pas toujours su garder le bien public au rang des priorités de son agenda politique27. C'est ce qui a accru la jalousie de beaucoup au regard du statut social et matériel de la profession médicale. L'incapacité des détracteurs à faire la part entre les actions personnelles d'un certain nombre d'associations médicales ou d'individus, et le débat sur le fait de savoir si les traitements de la médecine scientifique sont véritablement meilleurs que ceux des médecines alternatives, a profité et enrichit ces dernières. Les médecines parallèles bénéficient également de l'image qu'elles se donnent en tant que défenseur de l'idéal politique du "choix". Cette dernière image pourrait être louable si les consommateurs avaient réellement les moyens de faire un choix parfaitement informé, ce qui est loin d'être le cas. L'aversion envers les solutions de la médecine scientifique. Les médecines parallèles jouent sur la peur répandue, bien qu'exagérée, selon laquelle la médecine moderne est devenue excessivement technocratique, bureaucratique et impersonnelle. Les limites des spécialités médicales, la nécessité de maximiser une utilisation efficace d'outils très coûteux, l'avènement du tiers payant et l'impératif d'économies, ajoutés à la surcharge de travail des médecins et des services hospitaliers, a conduit certains patients à regretter avec nostalgie un âge d'or (qui n'a jamais existé), la simplicité d'une époque où le médecin de campagne avait suffisamment de temps à consacrer à ses malades pour rester à leur chevet. Ce qu'ils oublient est qu'à cette époque, rester au chevet du malade était souvent la seule chose que pouvait offrir le médecin.
La conscience par le public de ces dangers demeure partielle et confidentielle, surtout parce que les rapports centralisés d'effets pathologiques des traitements alternatifs ne sont pas obligatoires. Malheureusement, d'après la loi U.S., le danger d'un supplément ou d'une préparation phytothérapique doit être prouvée avant de le faire retirer du marché30. Et quand des effets nuisibles surviennent, les utilisateurs sont plus enclins à les attribuer à d'autres causes plutôt que de toucher à leur sacro-sainte croyance dans une "Nature" bienveillante. Les partisans de produits "naturels" doivent pourtant garder à l'esprit que le tabac est tout aussi naturel, et qu'un grand nombre de plantes forment des poisons mortels bien connus. D'autre part, ils doivent savoir que de nombreux médicaments de la médecine scientifique ne sont à l'origine que des dérivés de plantes25, 30. La différence ici est que les ingrédients actifs des plantes ont été isolés, identifiés, synthétisés et rigoureusement testés pour leur efficacité et leur innocuité. Ils ont ensuite obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des autorités médicales. Ainsi, contrairement aux décoctions phytothérapiques, leur pureté et leur dosage peuvent être minutieusement fixés et réglementés. Les raisons psychologiques de la popularité des thérapies alternatives Les psychologues ont toujours été conscients qu'en général, les gens s'efforcent de faire en sorte que leurs attitudes, leurs croyances et leurs comportements soient les plus harmonieux possibles. Lorsqu'une information troublante ou gênante ne peut pas être facilement ignorée, les individus ont la capacité de la déformer ou de la séquestrer afin de réduire l'inévitable friction. Le besoin de croire. Nous montrons tous une certaine attirance envers les croyances confortables et acceptons, sans critique, l'information qui renforce nos attitudes personnelles et le respect de soi.33. Etant donné qu'il est relativement confortable et agréable de croire aux principes des médecines alternatives, il n'est pas surprenant de voir qu'elles sont facilement acceptées sans trop de preuves. Une fois adoptées, de telles croyances seront défendues bec et ongles, en interprétant les données contraires dans un sens favorable à leur maintient si cela s'averrait nécessaire.34 , 35. Erreurs logiques, défauts de jugements et absence de groupes de contrôle. Un des pièges les plus répandus, dans les prises de décision de tous les jours, est l'erreur entre la corrélation et la causalité. Nous sommes tous enclins à supposer que si deux choses surviennent ensemble, l'une d'elle cause l'autre, bien que, manifestement, il n'est pas nécessaire que ce soit le cas. Cette erreur de logique est à l'origine de la plupart des superstitions. Les témoignages en faveur des guérisseurs ou des médicaments des thérapies alternatives, commettent la même bourde en supposant que quand une amélioration suit un traitement, le traitement doit forcément en être responsable. La valeur des avis en faveur des médecines parallèles est limitée par ce que Gilovich36 appelait le problème du "comparé à quoi ?". On ne peut pas vanter les mérites ou l'efficacité d'un traitement sans comparaison en aveugle avec un groupe placebo de contrôle.Ceux qui contestent ces traitements douteux sont fréquemment expédiés par les praticiens avec une réponse du genre : "Vos recherches scientifiques ne m'intéressent pas. J'ai vu par moi-même que mes traitements marchent." Malheureusement, ce type de jugement intuitif conduit tout autant à de fausses conclusions.1, 2, 3, 4, 36. Ces thérapeutes ignorent la plupart des recherches dans le domaine de "l'heuristique cognitive"36, 37 qui montrent comment les erreurs d'attributions causales peuvent se produire lorsque nous faisons confiance dans les observations informelles pour déterminer ce qui cause ou soulage les symptômes. Il est particulièrement difficile de déterminer la cause et l'effet pour ce qui est d'évaluer des thérapies parce que beaucoup de variables interagissent simultanément, des déterminations qu'une observation superficielle ne peut séparer. Par exemple, Redelmeier et Tversky38 ont montré que les gens sont susceptibles de percevoir des corrélations illusoires dans des événements aléatoires. Ils ont démontré comment ces "sensations" peuvent mener à de fausses croyances répandues, y compris le concept selon lequel les douleurs d'arthrose sont influencées par le temps. C'est parce que les thérapies alternatives tirent leurs diagnostics et leurs traitements seulement de ce type de folklore incertain, que leurs clients devraient demander que tous les traitements alternatifs passent par les mêmes tests que ceux de la médecine scientifique. En introduisant des essais cliniques contrôlés et des méthodes épidémiologiques, les pionniers de la médecine scientifique espéraient réduire ce type de fausse attribution que la fragilité du raisonnement humain peut produire. Une récente critique des études prétendant que les pratiques religieuses amélioraient la santé20 offre de bons exemples de survenance d'attributions causales douteuses quand l'utilité d'un simple groupe de contrôle est ignorée.
A lire :
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