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Acupuncture, je me pique de le savoir...

Le 6 novembre 2008

Par définition, la médecine "alternative" est la "médecine" qui n’a pas été prouvée scientifiquement, et n’a pas été acceptée dans le giron de la médecine scientifique. Mais qu’en est-il de l’acupuncture ? On lit ici ou là que son efficacité aurait été prouvée, démontrée par de nombreuses recherches (même si celles-ci sont souvent de piètre qualité), et certains systèmes de santé, ou mutuelles, la prennent en charge.

Pourtant, dans l’ensemble, ce que vous avez lu ou entendu sur l’acupuncture est faux !

Pour commencer, cet ancien traitement chinois n’est pas si ancien que cela, et pourrait même ne pas être chinois. En étudiant les documents les plus anciens, le sinologue Paul Unschuld suspecte que l’idée aurait pu prendre son origine avec le Grec Hippocrate de Cos, puis s’est ensuite répandue en Chine. Il n’y a certainement pas de preuve qu’elle a 3000 ans. Les textes chinois les plus vieux, du 3° siècle avant notre ère, ne la mentionnent pas.

La référence la plus ancienne de "l’utilisation des aiguilles" date de 90 avant JC, mais elle fait référence à la saignée et pour percer des abcès avec de grandes aiguilles et des scalpels. Rien dans ces documents ne suggère quelque-chose ressemblant à l’acupuncture. Nous avons des preuves archéologiques des aiguilles de cette époque, elles sont grandes ; la technologie pour fabriquer de fines aiguilles en acier, idéales pour l’acupuncture, n’existe que depuis 400 ans environ.

Les comptes-rendus de la médecine Chinoise ont atteint l’Occident au 13° siècle : ils ne mentionnent pas du tout l’acupuncture. Le premier Occidental à écrire sur l’acupuncture, Wilhelm Ten Rhijn, en 1680, ne décrit pas l’acupuncture telle qu’elle est connue de nos jours : il ne mentionne pas de points spécifiques ni de "chi" ou "qi" ; il parle des grandes aiguilles en or qui étaient implantées profondément dans le crâne ou l’utérus et laissé telles quel pendant 30 respirations.

L’acupuncture a ensuite été testée en Europe. Puis pour la première fois en Amérique, en 1826, comme moyen imaginé pour réanimer des victimes de noyade.

Au début du 20° siècle, aucun compte-rendu Occidental de l’acupuncture ne fait référence aux points d’acupuncture : les aiguilles étaient seulement insérées à côté de la région douloureuse. Le qi n’était à l’origine que la vapeur provenant de la nourriture, et les méridiens étaient les canaux ou vaisseaux. Un français, Georges Soulie de Moran, a été le premier à utiliser le terme de "méridien" et à associer le qi à l’énergie en 1939. L’acupuncture auriculaire, ou auriculothérapie, fut également inventée par un français en 1957.

Le gouvernement chinois, à plusieurs reprises, a tenté de pourchasser l’acupuncture entre 1822 et la Seconde Guerre Mondiale, quand le gouvernement Nationaliste essaya de la supprimer. Mao lui a redonné de la vigueur par l’intermédiaire de la campagne du "médecin aux pieds-nus" dans les années 1960, comme moyen peu couteux de soigner les masses ; bien que ni lui ni ses proches n’y avaient recours, ne croyant pas en son efficacité. C’est le gouvernement de Mao qui inventa le terme de "Médecine Traditionnelle Chinoise" ou MTC, pour décrire l’acupuncture, la médecine par les plantes, la moxibustion et d’autres pratiques traditionnelles.

En 1972 James Reston accompagna Nixon en Chine et s’en revint parler de son appendicectomie. Tout le monde a cru que son appendice avait été retiré sous anesthésie par acupuncture. En réalité, l’acupuncture n’avait été utilisée que comme complément pour soulager la douleur le lendemain de l’opération, et le soulagement avait sans doute coïncidé avec le retour attendu de la mobilité normale du colon.

Une photo avait largement circulé montrant une opération à coeur ouvert d’un patient, dont l’anesthésie avait été faite par acupuncture. Malheureusement, cette photo était un faux. Si l’acupuncture est utilisée en chirurgie de nos jours, c’est en complément d’une anesthésie conventionnelle et/ou de médicaments préopératoires, uniquement chez des patients qui y croient et donc susceptibles d’avoir une forte réponse placebo.

En même temps que l’acupuncture gagnait en popularité en Occident, elle déclinait en Orient. En 1995, d’après des médecins Américains visitant la Chine, seuls 15 à 20% des chinois choisissaient la MTC, et la plupart du temps en plus de traitements occidentaux après un diagnostic d’un médecin formé à la manière occidentale. Apparemment, certains patients choisissaient la MTC parce que c’était la seule qu’ils pouvaient se payer, car malgré son régime communiste, la Chine ne couvrait pas universellement les soins de santé de ses concitoyens.

Il y avait 360 points d’acupuncture au début (basés sur le nombre de jours de l’année plutôt que sur l’anatomie). Actuellement, plus de 2000 points ont été "découverts", ce qui fait remarquer qu’il n’y a plus un bout de peau qui ne soit épargné. Il y a soit 9, 10 ou 11 méridiens, à vous de choisir. Quel que soit votre choix, le nombre sera le bon étant donné qu’aucune étude n’a jamais été en mesure de prouver l’existence des points d’acupuncture, ni des méridiens ni du "qi".

Est-ce que l’acupuncture marche ? Quelle acupuncture et que veut-on dire par "marche" ? Il existe différents systèmes Chinois, plus les Japonais, Thaï, Coréen et Indien, la plupart ayant été inventés ces dernières décennies. Sur tout le corps, ou seulement le crâne, la main, l’oreille, le pied ou la joue et le menton, profond ou superficiel, avec des aiguilles électrifiées. Avec des lasers, avec des électrodes et sans pénétration de la peau.


Références et notes :

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