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Antennes-relais et rayonnement

Le 3 avril 2009

Les procès contre les antennes-relais se sont multipliés dernièrement, notamment suite à deux jugements ayant validé les plaintes de plaignants demandant la désinstallation de deux antennes. Cela a donné des ailes à certaines associations qui, ayant le vent en poupe, ont lancé d’autres procédures pour surfer sur la vague.

Évidemment, ces plaignants, n’ayant aucun élément de preuve scientifique sous la main, se sont tournés vers les tribunaux dont les juges n’entendent pas grand-chose à la science, mais préfèrent se protéger derrière le principe de précaution, faisant parfois des amalgames avec d’autres affaires du passé n’ayant strictement rien à voir avec celles qu’ils étaient amenés à juger, et ce au mépris de la mise au point de l’Académie de Médecine.

Ces plaignants ont utilisé le ressenti de "victimes" auto-déclarées, habitant tout près ou sous une antenne-relais, pour faire valoir les nuisances supposées dues au rayonnement de celles-ci.

Or une étude réalisée par le CNRS, publiée dans la revue britannique Occupational & Environmental Medicine [1] vient troubler ces certitudes et mettre à mal leur argumentation. En effet, celle-ci explique que le rayonnement le plus important ne se situe pas à proximité des antennes, mais à une distance d’au moins 280 mètres de l’antenne-relais en zone urbaine, et à 1 000 m en zone périurbaine.

Un total de 200 personnes a été recruté au hasard. Chaque participant de l’étude a été équipé d’un dosimètre personnel réalisant des mesures toutes les 24 heures, tout en conservant une activité de localisation et en notant son emploi du temps quotidien dans un journal. Deux mesures d’exposition pour chaque radiofréquence ont été calculées : la proportion de mesures proche de la limite de détection (0.05 V/m), et le maximum de puissance du champ électrique. Les adresses des résidents étaient géocodées, et leur distance de chaque antenne a été calculée.

Comme l’explique Jean-François Viel du CNRS : "Comme les ondes de radiofréquence sont invisibles et imperceptibles, les individus ne peuvent directement faire état de leur exposition. Aussi bien les perceptions du public que la plupart des études épidémiologiques reposent de ce fait sur la supposition que la distance d’un lieu de résidence par rapport au mât d’une station de base est un paramètre qui peut se substituer de manière appropriée à l’exposition à des champs de radiofréquence."

Les plaignants à l’origine des procès étaient effectivement des personnes vivant proches des antennes, affirmant qu’elles en ressentaient leurs effets. Or, d’après cette étude et la conclusion des scientifiques, ce n’est pas ceux qui vivent le plus près des antennes qui devraient en ressentir le plus les effets, mais ceux vivant à 300 m de celles-ci en ville, ou à 1 km hors de la ville.

"En zone urbaine, les antennes sont plus basses et ’arrosent’ dans un rayon d’environ 300 m ; en zone périurbaine, elles sont plus hautes et le rayon touche le sol plus loin, à 1 000 m. Nous pensions que cet ’effet phare’ était moins prononcé" ajoute Viel.

Selon le Pr Viel, ce phénomène était "connu des spécialistes, peut-être pas du grand public". L’exposition aux ondes de téléphonie mobile augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’antenne relais pour atteindre un pic à l’endroit où le rayon des émissions touche le sol.

Évidemment cette distance étant plus difficile à évaluer, contrairement à la vision d’une antenne proche de son domicile ou sur son toit, aucun individu vivant à ces distances d’une antenne ne s’est encore plaint de symptômes d’"électrosensibilité". Peut-être que cela viendra, les opportunistes ne manquant pas.

Pour couper court à toute polémique, une des solutions pouvant démontrer que les symptômes de ces personnes "sensibles" sont à chercher autre-part que dans les antennes-relais serait, pour les sociétés exploitantes, de les mettre hors service pendant un certain laps de temps en doute discrétion, et voir si les plaignants ressentent toujours ces effets. Une sorte de double-aveugle en quelque-sorte à grande échelle, comme cela a déjà été fait pour ce qui est du portable, où même ceux qui ne recevaient aucun rayonnement (simulé) souffraient.

- Champs électromagnétiques, environnement et santé. Anne Perrin, Martine Souques.
- Les ondes aujourd’hui. Christian Vauge.
- Vivre dans les champs électromagnétiques. Pierre Zweiacker.


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