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Certains ingrédients des produits "verts" ne sont pas écologiques

Le 29 mars 2011

Avec de plus en plus de consommateurs concernés par les problèmes d’environnement qui choisissent des produits "verts" ou "écologiques", des scientifiques ont rapporté qu’une analyse de la réalité a révélé que les ingrédients dans ce genre de produits pourraient provenir d’une source surprenante, le pétrole, plutôt que de sources naturelles à base de plantes.

Dans une étude présentée lors de la 241° Conférence de l’American Chemical Society (ACS), Cara Bondi et ses collègues ont décrit leur analyse de plus d’une douzaine d’échantillons commerciaux de produits de nettoyage, lessives, détergents, liquides vaisselle et savons.

"Tout le carbone n’est pas créé égal – le carbone originaire du pétrole ne vient pas d’une ressource renouvelable. Personne ne peut nier que nous devons utiliser moins de produits à base de pétrole, et les produits de la grande distribution ne font pas exception" dit Bondi.

Sans définition légale ou standard du "durable", "naturel" ou "renouvelable", elle et ses collègues ont eu recours à un indicateur scientifique indiscutable : d’où provient le carbone de ces produits ? Vient-il des plantes ou des éléments pétrochimiques produits synthétiquement à partir du pétrole ? Pour répondre à ces questions, l’équipe de Bondi a utilisé une variante de la fameuse technique de datation au carbone-14, utilisée pour analyser le carbone des vieux os, vêtements ou autres artéfacts.

Les produits testés ont montré des variations significatives de leur contenu en carbone dérivé des plantes : les savons pour les mains allaient de 28% à 97%, les détergents des lessives et liquides lave-vaisselle allaient de 43% à 95%. La recherche a aussi révélé que tous les produits testés, qui sont positionnés comme "écologiques" dans les magasins, contiennent en moyenne plus de 50% de carbone provenant des plantes de plus que les échantillons de produits testés sans ce positionnement commercial. "Certains des autres résultats, ont cependant été une surprise" dit Bondi.

"Le contenu en carbone dérivé des plantes, provenant des échantillons de produits testés, était largement incompatible avec certaines déclarations sur le contenu indiquées sur les emballages. Par exemple, un détergent de lessive qui déclarait être "sans éléments pétrochimiques" ne contenait que 69% de carbone issu des plantes, ce qui signifie que 31% du carbone de cet échantillon était en fait dérivé du pétrole.

"Pour les échantillons testés, nos résultats indiquent clairement que même si des affirmations "écologiques" sont affichées sur les emballages et étiquettes, ou dans les publicités, ces affirmations ne sont pas nécessairement une indication fiable de la provenance du carbone de ces produits" ajoute Bondi.

"L’origine du carbone est la pierre angulaire du caractère durable et, en tant que tel, comprendre le ratio du carbone provenant des plantes sur celui dérivé du pétrole est critique à la fois pour les produits de grande distribution, et les matériaux bruts qui visent à minimiser l’utilisation du pétrole" dit Bondi.

"Alors que la datation radiocarbone est habituellement utilisée par les archéologues pour déterminer l’âge des artéfacts, cette méthode n’a pas été utilisée pour comprendre le contenu en carbone renouvelable des produits de grande consommation. Nous avons montré que les fabricants de produits de consommation, qui désirent utiliser moins de pétrole, peuvent utiliser la datation radiocarbone comme méthode pour vérifier le contenu en carbone renouvelable des matériaux bruts et des produits finis, tout comme pour mesurer le caractère durable et renouvelable des efforts de leur formule de développement."

- Le Nouvel Ordre écologique - l’arbre, l’animal et l’homme. Luc Ferry.


Références et notes :

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