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Croyances et paranormal

Le 20 août 2008

Parent de la religion ?

Parfois, la croyance dans les malédictions s’associe à la religion, comme ceux qui considèrent et déclarent qu’un cyclone ou un tremblement de terre sont les conséquences de l’action d’un Dieu courroucé, ou d’un mauvais "karma".

"Je crois que la Nouvelle Orléans avait un niveau de pêchés tel, que l’offensive de Dieu fut terrible." Déclarait John Hagee, un évangéliste américain. "Est-ce que c’est le karma quand vous n’êtes pas gentil et que des tuiles vous tombent dessus ?" déclarait Sharon Stone suite au tremblement de terre du Sichan.

Cela pourrait nous pousser à croire que les croyances religieuses et paranormales s’entrecroisent. Mais dans une enquête de 2004, les chercheurs de Baylor ont trouvé tout le contraire. "Les croyances paranormales sont associées négativement aux croyances religieuses. avait conclu Rod Stark.

Une autre étude, sur 301 étudiants américains faite en 2000, a conclu que les participants qui n’étaient pas religieux étaient plus susceptibles de contacter les morts, de croire en la réincarnation, aux Ovnis, la télépathie, les prophéties, la psychokinèse ou aux guérisseurs. Les croyants étaient moins portés sur le paranormal. "Ceci pourrait partiellement refléter les opinions des chrétiens, fruits des passages bibliques qui sanctionnent sérieusement les activités paranormales" affirment les chercheurs.

Le psychologue Cronk a réalisé une petite étude sur 80 étudiants, et n’a trouvé aucune relation entre la religiosité et la croyance paranormale. Mais une étude canadienne de 2002 a trouvé une corrélation entre les croyances religieuses et paranormales. Celle-ci pourrait s’expliquer par le fait que les canadiens n’ont pas le même système de croyance que les habitants des USA.

"Je pense que la religiosité a beaucoup à voir avec le lieu où vous avez été élevé, et moins avec la génétique" dit Cronk.

Religion contre paranormal

Un sociologue, Mencken, pense que le sacrifice et les stigmates sont des éléments créant un pont entre le paranormal et la religion. Il a réalisé deux études (sous presse) sur 1700 personnes, publiées dans le journal Sociologie de la Religion (2009) qui révèlent ceci :

"Parmi les chrétiens, ceux qui fréquentent très souvent l’église (et qui sont exposés au stigmate et au sacrifice dans leur congrégation) sont moins susceptibles de croire au paranormal. A l’inverse, ces chrétiens qui ne vont pas souvent à l’église sont ceux qui sont les plus susceptibles de soutenir des croyances paranormales."

Un troisième groupe, qu’il appelle les naturalistes, n’a pas de croyances surnaturelles, qu’elles soient chrétiennes ou paranormales.

Une autre étude publiée en décembre de cette année dans la Review of Religious Research montre que ceux qui vont à l’église sont les moins susceptibles ce consulter leur horoscope, de visiter des voyants, d’acheter toute sorte de gadgets new age. Cependant, parmi les chrétiens qui ne vont pas à l’église, on trouve un niveau plus élevé de participation dans ces phénomènes.

Formé pour croire

Etablir un profil de l’individu qui croit dans les fantômes, monstres ou autre yéti est aussi difficile que déterminer une méthodologie scientifique avec un médium.

"Peut-être, et de façon étonnante, les croyances paranormales ne sont-elles pas reliées du tout à l’éducation" dit Stark. "Cependant, les personnes ayant un doctorat en sciences sont peu nombreuses à croire dans le yéti, le monstre du Loch Ness, fantômes, etc."

L’étude de 2006 sur les étudiants, réalisée par Bryan Farha et Gary Steward de l’Université d’Oklahoma, est arrivée à une conclusion identique. La croyance dans le paranormal, de l’astrologie à la communication avec les morts, augmente pendant le lycée, partant de 23% pour atteindre 31% en cours d’études, et finir à 34% chez les jeunes diplômés.

Bader, sociologue à Baylor et ses collègues, ont réalisé, en association avec Gallup, un sondage sur 1721 personnes en 2005 et trouvèrent que presque 30% des gens pensent qu’il est possible d’influencer le monde physique par le seul pouvoir de l’esprit (30% étaient indécis). Plus de 20% pensent qu’il est possible de communiquer avec les morts. Presque 40% croient que les maisons hantées sont une réalité.

A la question : "pensez-vous que des créatures comme le yéti ou le monstre du Loch Ness seront un jour découvertes par la science", 18,8% sont d’accord et 25,9% indécis.

Pourtant, dans un village de l’Himalaya, la croyance dans le yeti est considérée comme un signe d’ignorance !

La folie des médias

De nos jours, la couverture promotionnelle du paranormal, omniprésente et souvent unilatérale, à la fois sur internet, dans des magazines (surtout féminins) et à la télévision (émissions de "l’étrange" ou fictions "surnaturelles"), perpétue les mythes et les folklores aussi bien, voire mieux, que les anciens conteurs d’histoires. Ces fictions et croyances sont travesties, masquées pour les faire passer sous la forme de faits et d’informations, nourrissant l’appétit des plus influençables.

Les scientifiques sont laissés face à un défi impossible : prouver que quelque-chose n’existe pas. Vous pouvez prouver qu’une pierre est là. Vous ne pouvez pas prouver que le yéti ou que les fantômes, voire le dieu de la foudre, ne sont pas là. Et les commerçants gravitant autour de ces mythes le savent bien.

Enfin, de nombreux adeptes du paranormal déclarent que leurs pouvoirs ne fonctionnent que certaines fois, à certains moments, ou qu’ils ne fonctionnent pas quand un "non-croyant" est dans la pièce. Ou, comme dans le cas du test d’ADN révélant la supercherie du Bigfoot, son promoteur et agent financièrement impliqué dans l’affaire, rejette tout simplement ces éléments de preuve en affirmant que les échantillons ADN ont été contaminés.

- Les mécanismes de la crédulité. Fabrice Clément.
- Et l’homme créa les dieux. Pascal Boyer.


Références et notes :

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