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Des faits scientifiques qui n’en sont pas

Le 2 juin 2012

Un sujet d’inquiétude croissant à propos de la fraude et de la faute professionnelle, en ce qui concerne les études publiées sur des médicaments, a conduit des chercheurs de l’Université de l’Illinois a enquêter sur la portée et les raisons des rétractations dans le domaine de la recherche.

"Nous avons été fort surpris de constater que la proportion des retraits à cause de faute professionnelle scientifique dans la littérature sur les médicaments est plus élevée que dans la littérature scientifique biomédicale en général" dit Simon Pickard qui a publié son étude dans le journal Pharmacotherapy [1].

Pratiquement les trois quarts des études sur les médicaments qui ont été retirées l’ont été à cause de tromperie scientifique, dit-il, ce qui inclut la falsification ou la fabrication de données, une honnêteté douteuse, une conduite de l’auteur peu éthique ou le plagiat. Alors que ces études représentent un petit pourcentage de la littérature scientifique globale, les professionnels de la santé pourraient faire reposer leur jugement et leur activité de soins sur ces (faux) éléments de preuves pour délivrer des traitements et faire des recommandations.

Ces études peuvent affecter le traitement de milliers de patients, étant donné que les publications scientifiques sont souvent imprimées des mois à l’avance. Il y a un laps de temps moyen de 39 mois entre la publication originale et une notification de retrait, explique Pickard.

"Une fois que les professionnels de la santé ont modifié leurs options de traitement, il n’est pas facile de revenir en arrière" dit Jennifer Stamp, auteure de l’étude. "Rester au courant des nouvelles découvertes scientifiques est une priorité chez les praticiens médicaux, tout spécialement chez les pharmaciens, et il est important pour eux de savoir quand une étude a été retirée, tout spécialement celles avec des données manipulées."

L’équipe de recherche a découvert qu’un nombre important d’articles retirés étaient attribuables à deux auteurs, l’un basé au Japon et l’autre en Allemagne.

Peu d’attention était portée à l’implication des rétractations de publications scientifiques jusqu’en 1998, année où un document d’analyse a révélé que sur 235 exemples documentés de retraits de 1966 à 1997, 37% étaient dus à de la fraude scientifique.

Depuis cette étude de 1998, les études retirées ont davantage attiré l’attention. En 2009, le Comité de l’Ethique des Publications a publié le premier ensemble de recommandations pour les éditeurs sur le problème des rétractations.

"Ces recommandations devraient permettre de réduire la portée et l’impact de la fraude scientifique" dit Pickard. "Ironiquement, une meilleure détection pourrait donner l’impression que la science frauduleuse est de plus en plus importante, alors qu’elle est en fait atténuée grâce à ces politiques."


Références et notes :

[1] Jennifer C. Samp, Glen T. Schumock, A. Simon Pickard. Retracted Publications in the Drug Literature. Pharmacotherapy, 2012 DOI : 10.1002/j.1875-9114.2012.01100.x

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