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Des niveaux de mercure identiques chez les enfants autistes et non autistes

Le 21 octobre 2009

Dans une étude à grande échelle publiée, des chercheurs de l’Institut UC Davis MIND ont rapporté qu’après avoir ajusté un certain nombre de facteurs, les enfants se développant normalement et ceux touchés par l’autisme avaient des niveaux identiques de mercure dans le sang. Le mercure est un métal lourd dont d’autres études ont montré qu’il pouvait affecter défavorablement le développement du système nerveux.

L’étude en question, publiée dans le journal Environmental Health Perspectives [1], est l’examen le plus rigoureux à ce jour sur les niveaux de mercure dans le sang chez les enfants autistes. Les chercheurs avertissent cependant que cette étude n’est pas un examen déterminant si le mercure joue un rôle dans la maladie.

"Nous avons regardé les niveaux de mercure dans le sang chez les enfants autistes et les enfants non autistes" déclare l’auteure principale Irva Hertz-Picciotto. "La conclusion est que les niveaux de mercure sanguin dans les deux populations étaient essentiellement les mêmes. Cependant, cette analyse ne s’adresse pas au rôle causal, parce que nous avons mesuré le mercure après que le diagnostic soit fait."

La recherche a été dirigée en tant que partie de l’étude Northern California-based Childhood Autism Risks from Genetics and the Environment (CHARGE), dans laquelle Hertz-Picciotto est l’enquêteur principal. L’étude CHARGE est une étude à grande échelle, globale, épidémiologique, réalisée afin d’identifier les facteurs associés à l’autisme et pour découvrir les signes de ses origines. Cette étude comprend des enfants entre 24 et 60 mois qui ont été diagnostiqués comme autistes, tout comme des enfants avec d’autres désordres développementaux et des enfants "contrôles" sans aucun problème.

L’étude a regardé toute une large variété de sources de mercure dans l’environnement des participants, y compris leur consommation de poissons, les produits utilisés (comme les sprays pour le nez ou les oreilles, qui pourraient contenir du mercure) et le type de vaccinations qu’ils ont reçues. L’étude a également examiné si les enfants avaient des plombages faits à base de mercure, ceux qui grincent des dents ou les mâcheurs de chewing-gum. En fait, les enfants qui mâchent des chewing-gum et qui ont des amalgames dentaires avaient des niveaux plus élevés de mercure dans le sang.

Mais la consommation de poisson était de loin l’indicateur le plus important et le plus significatif des niveaux de mercure dans le sang. Les données sur la plupart des sources possibles de mercure, consommation de poisson et amalgames dentaires, étaient collectées par sondage via les parents des sujets. L’information sur les vaccins a été obtenue par les enregistrements médicaux de l’enfant sur ses vaccinations. Peu d’enfants ont récemment reçu un vaccin contenant du mercure, et leurs niveaux de mercure n’étaient pas élevés.

Sur les 452 participants de l’étude, 249 ont été diagnostiqués comme autistes, 143 étaient "normaux" et 60 avaient d’autres retards développementaux tels que le syndrome de Down. Au départ, les enfants autistes apparaissaient avoir des niveaux de mercure significativement plus faibles que les enfants sans problèmes. Mais les enfants autistes tendaient à être des mangeurs difficiles et, dans cette étude, à moins manger de poisson. Quand leurs faibles niveaux de consommation de poisson ont été ajustés, leurs concentrations de mercure dans le sang étaient approximativement les mêmes que chez les enfants sans problèmes, et très similaires à celles trouvées dans un échantillon national représentatif des enfants entre 1 et 5 ans.

Hertz-Picciotto ajoute que l’étude CHARGE a porté sur un large choix d’expositions qui prennent leur origine dans la maison ou l’environnement immédiat, tout autant que dans les gènes et leur expression. Parce que nous en savons peu sur les causes de l’autisme, les chercheurs ont prévu de tout regarder à partir des produits domestiques aux traitements médicaux, régimes et suppléments, et même les infections. En outre, ils exploreront les interactions parmi de multiples facteurs.

"Comme l’autisme est complexe, avec de grandes variations en sévérité et en présentation, il est hautement probable que les causes qui seront trouvées seront tout aussi complexes. Il est temps d’abandonner l’idée qu’une seule ’preuve indiscutable’ émergera pour expliquer pourquoi tant d’enfants développent l’autisme. Les preuves, à ce jour, suggèrent que, sans tenir compte à la fois des susceptibilités génétiques et des facteurs environnementaux, l’histoire restera incomplète. Peu d’études ont cependant suivi cette approche multifactorielle" dit Hertz-Picciotto.

- Les prêcheurs de l’apocalypse : Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires. Jean de Kervasdoué.
- L’autisme aujourd’hui. Michel Lemay.


Références et notes :

[1] Blood Mercury Concentrations in CHARGE Study Children with and without Autism. Environmental Health Perspectives.

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