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Fraudes, erreurs et malentendus en recherche médicale

Le 28 octobre 2009

Trois ans après avoir été accusé de fraude, en faisant un mauvais usage de fonds publics et en violant les lois de bioéthique, le chercheur Coréen disgracié, spécialisé en cellules souches, Hwang Woo-suk, a été reconnu coupable de fraude. La cour a reconnu sa repentance et l’a suspendu pendant 2 années.

L’équipe de Hwang avait déclaré en 2004 avoir cloné des cellules souches embryonnaires humaines. Mais le scientifique avait fabriqué des données cruciales, et même les chercheurs travaillant sur le projet ne savaient pas que les résultats avaient été bidonnés.

Alors que le cas de Hwang était devenu l’un des cas les plus connus de "percée scientifique" ayant mal tourné, même des études médicales correctement réalisées et honnêtes ont une longue histoire d’imperfection, en partie parce que le processus scientifique autorise la publication de données qui pourraient sembler révéler une avancée majeure, même si la recherche ultérieure pouvait montrer l’exact opposé.

Une étude de 2005, publiée dans le Journal of the American Medical Association [1], a trouvé qu’un tiers de toutes les études médicales s’avéraient être fausses.

Même des traitements ordinaires existants peuvent se révéler être inutiles après avoir été largement acceptés par la profession médicale et le public. En 2007 des scientifiques ont montré que le miel marchait mieux que les médicaments et sirops contre la toux [2] pour ce qui est de calmer la toux des enfants.

Une autre étude de 2009 a révélé que les conflits d’intérêts entachent souvent les études médicales. La recherche, publiée dans le journal Cancer, a trouvé que 29% des recherches sur le cancer publiées dans des journaux connus, avaient dévoilé un conflit d’intérêt. Ces conflits semblaient en outre affecter la façon dont ces études avaient été conduites. La recherche financée par l’industrie, par exemple, se concentrait sur des traitements dans 62% des cas, tandis que les études non financées par l’industrie se focalisaient sur des traitements dans seulement 36% du temps.

Même de bonnes études peuvent être souillées par les médias, qui tendent à ne conserver et à ne présenter que le contenu "juteux" pour eux, et à en extraire tout ce qu’ils peuvent, sans reporter l’étude de cohorte dont les résultats assèchent le scoop précédent. Résultats : distorsion de la réalité, bien que souvent non intentionnelle.

Beaucoup d’études produisent des résultats qui s’ajoutent à d’autres ou qui sont relativement insignifiants, pourtant les machines à publicité des institutions sont tellement désireuses de promouvoir le travail de leurs chercheurs, avec des journalistes (non scientifiques) qui ne font pas le travail de fond de fouiller dans le contexte qui a révélé la réelle signification d’une étude, ou qui manquent cruellement d’esprit critique.

Par exemple, une revue de 2006 [3]a trouvé que la plupart de ce que vous lisez au regard de la recherche médicale manque de cet important contexte. Plus spécialement, les média omettent souvent les faits basiques des histoires qu’ils rapportent de conférences médicales professionnelles. Ceci partiellement parce que la recherche révélée en conférence n’a souvent pas été publiée dans des journaux scientifiques à comité de lecture, où un tel contexte est exigé et où les déclarations étranges sont souvent supprimées.

Autre exemple, le magazine de reportage Envoyé Spécial fait un sujet entier sur les déodorants sur la base d’une seule étude non reproduite, et condamne le paraben considéré comme cancérigène sur la base de celle-ci uniquement. Ou bien fait des raccourcis en qualifiant de "vin chimique" tout vin qui n’est pas bio. Voire valide des pseudo-médecines sur le témoignage d’un médecin.

Néanmoins, les supposées découvertes de Hwang de 2005 avaient été publiées dans Science, l’un des journal les plus respectés de sa catégorie !

- La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique. William Broad, Nicholas Wade.
- Petit traité de l’imposture scientifique. Aleksandra Kroh.


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