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L’anxiété à la racine des extrémismes religieux

Le 7 juillet 2010

L’anxiété et l’incertitude pourraient nous rendre plus idéalistes et plus radicaux dans nos croyances religieuses, selon une étude de l’Université de York publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology [1].

Dans une série d’études, plus de 600 participants ont été placés dans des situations provoquant de l’anxiété, ou dans des situations neutres, puis on leur a demandé de décrire leurs objectifs personnels, et d’évaluer leur degré de conviction à propos de leurs idéaux religieux. Ceci comprenait des questions aux participants leur demandant s’ils donneraient leurs vies pour leur foi ou soutiendraient une guerre pour la défendre.

Dans toutes les études, les conditions anxiogènes a rendu les participants plus passionnément engagés dans leurs idéaux, et plus extrêmes dans leurs convictions religieuses. Dans une étude de réflexion sur un dilemme personnel, il s’est produit un mouvement général vers des objectifs personnels plus idéalistes. Dans une autre, le fait de se débattre avec un passage mathématique confus a causé un pic vers les extrêmes religieux radicaux. Pourtant, dans une autre, le fait de refléter des incertitudes relationnelles a causé la même réaction de zèle religieux.

Les chercheurs ont découvert que les réactions de zèle religieux étaient plus prononcées chez les participants avec des personnalités audacieuses (définis comme ayant une forte confiance en eux et dynamiques, impatients et tenaces), qui étaient déjà vulnérables à l’anxiété, et se sentaient plus désespérés à propos de leurs buts quotidiens dans la vie.

Un processus basique motivationnel appelé l’approche réactive de motivation (ARM) est le responsable, selon le chercheur Ian McGregor. "L’approche de motivation est un état tenace dans lequel les gens deviennent ’verrouillés et chargés’ sur tout objectif ou idéal qu’ils favorisent. Ils se sentent puissants, et les pensées et sentiments associés aux autres problèmes reculent" dit-il.

"L’ARM est habituellement un processus de régulation adaptatif des objectifs qui peut réorienter les individus face à des avenues alternatives pour poursuivre des objectifs dès qu’ils font face à un accroc. Notre recherche montre que les êtres humains peuvent cependant parfois coopte l’ARM pour soulager leur anxiété à court terme. En favorisant simplement des idéaux et des convictions dans leurs esprits, les gens peuvent activer l’approche de motivation proches de leurs buts motivationnels loin des problèmes anxieux, et se sentir de ce fait sereins", dit McGregor.

Les chercheurs ont aussi mesuré les superstitions et croyances des participants, et leur déférence face à un dieu qui contrôle tout, dans le but de distinguer le zèle religieux des formes modestes de dévotion. "Les menaces provoquant de l’anxiété poussent parfois les gens à devenir paranoïdes et plus soumis aux forces de contrôle externes, ainsi nous voulions éliminer cette interprétation pour nos résultats" dit-il. L’incertitude anxiogène n’a pas d’effet sur la soumission superstitieuse ou religieuse.

D’autres résultats publiés l’an dernier dans le journal Psychological Science par les mêmes auteurs avaient découvert que les fortes croyances religieuses étaient associées à une faible activité du cortex cingulaire antérieur, la région du cerveau qui s’active dans les situations désagréablement anxieuses.

"Considérés ensembles, les résultats de ce programme de recherche suggèrent que les personnes confiante, mais vulnérables, gravitent aux extrêmes idéalistes et religieuses pour se soulager de l’anxiété" dit McGregor.

- Penser le risque : Apprendre à vivre dans l’incertitude. Gerd Gigerenzer.


Références et notes :

[1] Anxious Uncertainty and Reactive Approach Motivation (RAM) & Reactive Approach Motivation (RAM) for Religion. Journal of Personality and Social Psychology

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