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L’effet placebo, ce n’est pas que dans la tête.

Le 27 août 2009

Une nouvelle étude révèle que quand il s’agit de contrôle de la douleur, l’effet placébo implique d’anciens chemins issus de l’évolution du contrôle de la douleur dans le tronc cérébral humain, la partie du cerveau qui est continue avec la moelle épinière. La recherche, publiée dans Cell Press du journal Neuron, apporte des éclairages sur des mécanismes fascinants sur comment et pourquoi le simple fait d’attendre d’un traitement qu’il réduise la douleur peut agir tel un analgésique efficace.

L’analgésie placébo fait référence au soulagement individuel de la douleur suite à l’administration d’une substance chimiquement inerte, mais dont on pense qu’elle est due à la croyance d’une personne qu’un puissant médicament contre la douleur lui a été administré. Des opioïdes endogènes, qui sont naturellement produits par le cerveau en petites quantités et qui jouent un rôle dans le soulagement de la douleur et l’anxiété, ont été impliqués dans l’analgésie placebo. Des études d’imagerie cérébrale ont montré que l’analgésie placebo stimule la libération d’opioïdes endogènes de régions plus élevées du cerveau associées à une modulation de la douleur, et est associée à une diminution des signaux de la région sensible à la douleur.

"Nous avons fait l’hypothèse que l’analgésie placébo mobilisait aussi le système de contrôle opioïdergique descendant de la douleur, qui inhibe le processus de la douleur dans la moelle épinière et, de ce fait, réduit subséquemment les réponses associées à la douleur dans le cerveau, conduisant à une expérience de diminution de la douleur" explique l’auteur principal Falk Eippert du Centre Médical de l’Université Hamburg-Eppendorf en Allemagne. Cependant, ceci n’avait pas été démontré expérimentalement.

Eippert et ses collègues ont employé des techniques sophistiquées d’imagerie cérébrale pour examiner à la fois les réponses corticales et celles du tronc cérébral dans deux groupes de sujets : l’un recevant un médicament appelé naxolone, qui bloque les signaux opioïdes, et un groupe dans un état opioïde naturel. Les attentes de soulagement de la douleur étaient induites dans les deux groupes en utilisant un paradigme placebo bien établi.

Les chercheurs ont trouvé que la naxolone réduisait les effets placebo comportementaux tout autant que les réponses cérébrales associées à la douleur réduites par le placebo. Plus important, ils ont aussi observé que, sous placebo, les régions corticales interagissaient avec les structures du tronc cérébral impliquées dans le contrôle de la douleur, et que ces interactions étaient dépendantes des opioïdes endogènes et étaient associées à la force des effets placébo vécus.

"Pris ensemble, nos résultats montrent que les signaux opioïdes dans les régions modulant la douleur et les projections aux effecteurs en aval du système de contrôle descendant de la douleur sont très importants pour l’analgésie placebo" conclut Eippert. "Il sera intéressant de voir si l’activation opioïdes-dépendant du système descendant de contrôle de la douleur est une caractéristique commune des différentes formes de modulation de la douleur, comme l’hypnose et toute distraction attentionnelle, qui partagent quelques caractéristiques neuroanatomiques communes."

- Activation of the Opioidergic Descending Pain Control System Underlies Placebo Analgesia. Neuron, Vol. 63, Iss 4, 533-543, 27 Aout 2009
- L’effet placebo : Le pouvoir de guérir. Danielle Fecteau.
- Placebo/chronique d’un elixir psycho-actif. Jean Jacques AULAS.
- Le mystère du placebo. Patrick Lemoine.


Références et notes :

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