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L’entraînement autogène

Le 17 mai 2009

Définition

L’entraînement autogène (ou autogénique ou "training autogène") fait référence à une technique particulière d’exercices mentaux impliquant la relaxation et l’autosuggestion, pratiquée régulièrement, qui vise à enseigner aux individus à se déconnecter d’une réponse de stress quand ils le désirent.

L’état passif qui en résulte est considéré comme permettant au cerveau et au corps de mobiliser leur propre "mécanisme autorégulateur spontané", qui, en retour, peut aider à prendre conscience de l’origine de certains désordres mentaux et physiques. Le terme d’"autogène" se réfère souvent à toute méthode qui implique les patients utilisant leurs propres ressources pour s’aider eux-mêmes, comprenant habituellement la relaxation, la visualisation ou l’autosuggestion.

Les concepts

L’entraînement autogène s’est développé par tout un ensemble d’observations dans la dernière décennie du 19° siècle, des individus qui ont subit des séances d’hypnose étaient capables de se mettre rapidement dans un état qui semblait être similaire à l’hypnose et que l’utilisation régulière de cet état réduisait le stress et améliorait l’efficacité. Dans les années 1920, le médecin allemand Johannes Schultz explora ces idées et y ajouta l’autosuggestion, dans le but de développer une pratique qui évitait la dépendance du thérapeute à l’hypnose et donnait le contrôle aux patients eux-mêmes.

La lourdeur et la chaleur étaient les deux sensations les plus communes pendant l’hypnose, ainsi Schultz enseigna aux patients de se concentrer sur la lourdeur et à la chaleur de leurs propres membres. Cela constitue les deux premiers exercices de l’entraînement autogène. Quatre autres instructions, associées au rythme cardiaque, à la respiration, à la chaleur dans l’abdomen et à la fraîcheur du front, ont été ajoutées pour former les six exercices standard.

Dans les années 1940, Schultz et Thomas développèrent la Formule Personnelle et Motivante (d’abord connue sous le nom de "formule intentionnelle"), qui a été conçue pour chaque individu, et qui implique la répétition de suggestions thérapeutiques, réalisées, par exemple, pour corriger les modes négatifs de la pensée. Plus tard, des séries d’exercices de méditation ont été ajoutées pour ceux qui avaient acquis une expérience considérable.

Dans les années 1970, un médecin spécialisé dans les maladies respiratoires, Wolfgang Luthe, développa les Exercices Intentionnels de Déchargement, par lesquels on enseignait aux individus de se débarrasser de leurs émotions. Ces exercices sont enseignés pour augmenter le processus autogène en encourageant la libération de sentiments oppressants qui se manifestent souvent dans les symptômes de "stress" psychosomatiques.

La méthode s’est répandue via des associations de praticiens au Royaume-Uni vers la fin des années 1970. Elle s’est désormais répandue dans plusieurs pays d’Europe, bien qu’il ne s’agisse pas d’une des thérapies complémentaires des plus commune.

Les arguments scientifiques

Il existe peu de recherche en neuropsychologie sur l’entraînement autogène. Il semble combiner les effets d’une profonde relaxation, qui concerne le système limbique et l’axe hypotalamo-pituitaire, avec d’autres aspects psychothérapeutiques d’autosuggestion.

Les praticiens

Les praticiens de l’entraînement autogène utilisent fréquemment d’autres techniques et intègrent l’entraînement autogène dans leur pratique. Les psychiatres allemands en sont un bon exemple. Il n’y a aucune régulation ni restriction de la pratique. Dans certains pays, il existe des associations qui continuent à mettre l’accent sur la méthode classique de Schultz et Luthe.

Avec cette méthode, ces derniers voudraient traiter l’angine de poitrine, l’anxiété, l’asthme, les douleurs chroniques, la dépression, la dyspepsie, les désordres fonctionnels de la vessie et de l’intestin, les migraines, l’hypertension, les phobies, le syndrome prémenstruel, les insomnies, les réponses au stress...

La séance typique se situe dans une pièce calme, les patients (souvent en groupe) sont d’abord formés sur les trois postures recommandées. Puis ils apprennent à se concentrer passivement sur la lourdeur de leur bras dominant et à généraliser cette sensation au reste du corps.

Ensuite vient une instruction sur les autres exercices standard. Ceux-ci doivent être pratiqués trois fois par jour, pendant environ 10 minutes chaque fois. On demande aux étudiants de tenir un journal de leurs expériences afin que le processus et les réactions puissent être enregistrés par le tuteur. Quand les exercices standard sont maîtrisés, la Formule Personnelle et Motivante sera ajoutée, conçue par le client avec l’aide du thérapeute. Après avoir acquis une bonne expérience, l’entraînement autogène peut être appris, qui implique un état autogène prolongé et à réaliser des exercices de méditation sur des concepts de plus en plus abstraits. Une seconde méthode autogène avancée, développée par Lut, est celle de la "Neutralisation Autogène", méthode psychothérapeutique de libération ou déchargement (neutralisation) des "enregistrements neuronaux potentiellement tracassants".

Entre huit et dix séances sont exigées pour apprendre les exercices standards. Il n’est pas besoin de davantage d’assistance, à moins que l’entraînement autogène avancé soit entrepris.

Preuves cliniques

Une revue systématique de toutes les études contrôlées a obtenu des conclusions positives pour certaines conditions (hypertension, asthme, maladies intestinales, glaucome et eczéma) mais on ne nous dit rien sur la qualité des études [1]. Dans une revue systématique du training autogénique pour l’hypertension, quatre des cinq études avaient des résultats positifs [2] ; dans une revue de l’entraînement autogène pour l’anxiété, sept des huit études étaient positives [3] ; cependant, dans les deux cas, la qualité des études était trop médiocre pour se permettre de tirer des conclusion définitives. Une récente étude contrôlée randomisée ou des revues systématiques soutiennent que l’entraînement autogène peut effectivement réduire le stress [4] [5], améliorait le sommeil chez les patients atteints de cancer [6], soulageait les migraines dans tout une variété de situations cliniques [7] [8], réduisait les douleurs [9] et traitait l’anxiété [10] [11]

Conclusion

L’entraînement autogène semble être efficace et sans danger dans un certain nombre de conditions telles que le stress et l’anxiété. Elle doit cependant être évitée dans les cas de troubles mentaux sévères, chez les psychotiques et autres désordres de la personnalité.

- Les nouveaux psys : Ce que l’on sait aujourd’hui de l’esprit humain. Collectif.
- Médecines alternatives : le guide critique. Collectif.


Références et notes :

[1] Stetter F, Kupper S. Autogenes Training – qualitative Meta-Analyse kontrollierter klinischer Studien und Beziehungen zur Naturheilkunde. Forsch Komplementärmed 1998 ;5:211–223.

[2] Kanji N, White A R, Ernst E. Anti-hypertensive effects of autogenic training : a systematic review. Perfusion 1999 ;12:279–282

[3] Kanji N, Ernst E. Autogenic training for stress and anxiety : a systematic review. Complement Ther Med 2000 ;8:106–110

[4] Hidderley M, Holt M. A pilot randomized trial assessing the effects of autogenic training in early stage cancer patients in relation to psychological status and immune system responses. Eur J Oncol Nurs 2004 ;8:61–65

[5] Goldbeck L, Schmid K. Effectiveness of autogenic relaxation training on children and adolescents with behavioral and emotional problems. J Am Acad Child Adolec Psychiatry 2003 ;42:1046–1054.

[6] Simeit R, Deck R, Conta-Marx B. Sleep management training for cancer patients with insomnia. Support Cancer Care 2004 ;12:176–183.

[7] Zsombok T, Juhasz G, Budavari A, Vitrai J, Bagdy G. Effect of Autogenic Training on drug consumption in patients with primary headache : an 8-month follow-up study. Headache 2003 ;43:251–257.

[8] Devineni T, Blanchard E B. A randomized controlled trial of an internet-based treatment for chronic headache. Behav Res Ther 2005 ;43:277–292.

[9] Huntley A L, Coon J T, Ernst E. Complementary and alternative medicine for labor pain : a systematic review. Am J Obstet Gynecol 2004 ;191:36–44

[10] Kanji N, White A, Ernst E. Autogenic training reduces anxiety after coronary angioplasty : A randomized clinical trial. Am Heart J 2004 ;147:e10

[11] Jorm A F, Christensen H, Griffiths K M, Parslow R A, Rodgers B, Blewitt K A. Effectiveness of complementary and self-help treatments for anxiety disorders. Med J Aust 2004 ;181(7 Suppl):S29–46

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