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La cigarette électronique

Le 21 janvier 2010

Depuis que le public a commencé à prendre conscience de la nocivité du tabac, l’industrie du tabac, et d’autres vendeurs, ont commencé à rechercher des alternatives présentées comme "saines" pour la santé. Les cigarettes électroniques, ou e-cigarettes, font partie de cette liste de tentatives visant à rendre l’acte de fumer sans danger.

Il a été démontré, depuis un certains temps maintenant, que les produits à base de tabac [sont des facteurs à risque significatifs dans le développement de certains types de cancers du poumon et de maladies vasculaires, y compris les attaques et crises cardiaques.

L’industrie du tabac a tout d’abord essayé en vain de le nier, ou de réfuter les preuves scientifiques sur les risques pour la santé du tabagisme, en s’engageant dans une campagne de doutes et de confusions, mais leurs efforts ont échoué.

Certaines sociétés ont vendu des cigarettes légères, faibles en goudrons et avec un filtre, sous prétexte qu’elles seraient meilleures à la santé que les cigarettes normales. Cependant, il n’y a jamais eu de preuves convaincantes que de telles cigarettes étaient moins risquées pour la santé. De nouveau, le marketing a fonctionné car maintenant 90% des cigarettes vendues ont des filtres.

Une autre alternative, présentée elle aussi comme moins nocive à la santé, est celle des cigarettes aux plantes, vendues principalement en Asie, mais arrivées en Occident. Cependant, ici aussi, les preuves font défaut à propos de leur innocuité ou simplement la réduction du risque de maladies comparées au tabac classique. Les fumeurs ne font que troquer un type de carcinogènes pour un autre.

Tous ces produits soulèvent le problème de l’écran de fumée d’un tabagisme sans risques, sous les faux espoirs qu’ils sont sûrs et auront moins d’effets secondaires pour la santé. Le résultat optimal, pour la santé publique, serait évidemment de réduire le nombre de fumeurs, voire de le réduire à zéro.

Mais le dernier entré dans la partie de ce "tabagisme sain" est la cigarette électronique. Il s’agit d’une batterie dans un tube de la forme d’une cigarette, qui fournit des vapeurs de nicotine quand elle est inhalée. Le but de l’appareil est d’apporter aux fumeurs leur dose de nicotine quotidienne (la nicotine est la substance la plus addictive dans le tabac) sans les carcinogènes ni le monoxyde de carbone de la fumée de cigarette.

Le problème, de nouveau, est que le marketing pourrait avoir devancé les éléments de preuve. Le British Medical Journal a rapporté qu’il n’y avait pas assez de preuves justifiant toute déclaration définitive à propos d’une réduction des risques par les cigarettes électroniques.

Le concept en soi est plausible, les e-cigarettes pourraient juste être considérées comme un autre système de délivrance de nicotine, pas très différent des chewing-gums ou des patchs à la nicotine. Mais c’est le seul système qui aurait besoin d’être étudié. Par exemple, le BMJ rapporte qu’il pourrait y avoir des contaminants chimiques dans la vapeur qui contient certaines formes des mêmes carcinogènes que dans la fumée de tabac, bien qu’en quantités moindres. La dose et le chemin de la nicotine pourraient présenter des risques non anticipés pour la santé.

Il y a deux affirmations à propos des cigarettes électroniques qui nécessitent d’être étudiées : aident-elles les fumeurs à lâcher la cigarette et quels sont les risques réels ? Aucune de ces deux questions n’a eu de réponse correcte reposant sur des recherches scientifiques.

Les instances de régulations des différents pays ont différentes approches face au problème. Certains pays sentent que les cigarettes électroniques sont probablement plus sûres que le tabac normal, et ne doivent donc pas être découragées en tant qu’alternative. D’autres ont simplement choisi d’avertir le public que les données ne sont pas suffisantes, et que les consommateurs devraient rester prudents.

Mais de nouveau, il y a cette crainte que la croyance dans la sécurité (relative ou absolue) des cigarettes électroniques fasse que les fumeurs continueront de consommer de la nicotine, voire même fumeront plus longtemps.

Seule une chose est sûre pour l’instant, la politique publique sur de tels sujets a besoin d’être informée via des éléments de preuve scientifiques, qui dans le cas présent, restent lacunaires.


Références et notes :

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