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La meilleure façon d’arrêter de fumer est de stopper net

Le 9 février 2010

D’après un article scientifique, les autorités de la santé devraient plutôt mettre l’accent sur la méthode la plus efficace pour arrêter de fumer, et la plus utilisée par les anciens fumeurs : celle de l’arrêt sans assistance. Cela, malgré la promotion de médicaments pour cesser de fumer proposés par les sociétés pharmaceutiques, et de nombreux partisans ou campagnes anti-tabac.

Le massage dominant à propos de l’arrêt du tabac, que l’on retrouve dans de nombreuses campagnes anti-tabac, met souvent en exergue le fait que les tentatives sérieuses pour lâcher la clope doivent être pharmacologiquement ou professionnellement suivies et assistées. Ce message est vivement critiqué par deux chercheurs dans un essai publié dans PLoS Medicine [1].

Cette surenchère des méthodes pour arrêter de fumer, comme la "thérapie de remplacement de la nicotine" (patchs ou gommes, par exemple), a conduit à une "médicalisation de l’arrêt du tabac", malgré de bonnes preuves selon lesquelles la méthode la plus efficace, et la plus suivie par la plupart des anciens fumeurs, est celle de l’arrêt brusque, du jour au lendemain, ou de la réduction puis de l’arrêt net de la cigarette.

Cette méthode de l’arrêt net est préférée par beaucoup à celle de la diminution graduelle ou de la médication. Ses avantages supposés sont qu’en n’utilisant pas activement de méthodes de remplacement, le fumeur évite de penser à son habitude et sa tentation, et évite de nourrir plus encore son addiction.

Les auteurs ont analysé 511 études, publiées entre 2007 et 2008, et ils rapportent que ces études montrent de façon constante que les deux tiers (2/3) aux trois quart (3/4) des anciens fumeurs ont arrêté de fumer sans aucune aide, et que la plupart des ex-fumeurs ont rapporté que leur arrêt avait été moins difficile que ce à quoi ils s’attendaient.

La médicalisation de l’arrêt du tabac est alimentée par l’étendue et l’influence des supports pharmaceutiques dans les études sur les interventions pour arrêter, disent les auteurs. Ils citent une récente revue d’études contrôlées et randomisées sur la "thérapie de remplacement de la nicotine" qui a trouvé que 51% des essais financés par les laboratoires rapportaient des effets significatifs sur la cessation, tandis que seulement 22% des études non financées par les compagnies en ont rapporté de même. Plusieurs études sur l’arrêt assisté du tabagisme, mais peu pour les études non assistées, impliquent des chercheurs qui déclarent leur soutien de la part des compagnies pharmaceutiques qui fabriquent ces produits pour arrêter.

Les auteurs concluent qu’il faudrait faire prendre conscience au public, et plus particulièrement aux fumeurs qui désirent stopper de fumer, que la domination des méthodes par assistance n’est pas justifiée, et que les approches sans assistance sont aussi efficaces, et peuvent les aider, pour ce qui est d’abandonner la cigarette.


Références et notes :

[1] The Global Research Neglect of Unassisted Smoking Cessation : Causes and Consequences. Chapman S, MacKenzie R. PLoS Medicine, 2010 ; 7 (2) : e1000216.

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