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La pensée de la mort rend les religieux plus dévots

Le 16 juin 2012

Une recherche a trouvé que le fait de penser à la mort rend les chrétiens et les musulmans, mais pas les athées, plus susceptibles de croire en Dieu, ce qui suggère que le vieil adage disant qu’il n’y a "pas d’athée au fond du gouffre" est faux.

Cependant, les agnostiques sont plus enclins à croire en Dieu quand on leur rappelle la mort. La seule différence notable est qu’ils sont aussi susceptibles de croire en Bouddha, qu’en Allah ou qu’en une déité chrétienne, même si tous les agnostiques de l’étude étaient principalement des Américains qui sont donc beaucoup plus exposés aux croyances chrétiennes.

Ces résultats confirment que tandis que la religion peut aider les gens à faire face à la mort, nous gérons tous nos propres peurs existentielles de la mort à travers notre vision du monde préexistante, rapportent les chercheurs dans leur article publié dans le journal Personality and Social Psychology Bulletin [1].

"Ces études donnent une compréhension améliorée de la façon, et pourquoi, les individus religieux tendent à croire si fortement aux dieux de leur propre religion, tout en niant l’existence des dieux des autres religions" écrivent les auteurs.

La religion et la mort

De nombreuses études ont montré que la religion, qui promet souvent une vie après la mort, aide les gens à faire face au fait qu’ils mourront un jour. Mais cette utilisation de la religion n’est pas universelle. Une étude de 2006 avait découvert que les pensées de la mort augmentaient la croyance dans les figures surnaturelles en général chez les gens religieux.

Cette étude ne séparait pas les athées des agnostiques, ni n’examinait la façon dont les croyances religieuses spécifiques pouvaient influencer le sort des figures surnaturelles en lesquelles une personne pouvait croire. Pour le découvrir, le psychologue de l’Université du Missouri Kenneth Vail et ses collègues ont recruté 26 chrétiens, 28 athées, 40 musulmans et 28 agnostiques. Les participants étaient tous des étudiants américains, exceptés les musulmans qui étaient iraniens qui étaient étudiants en Iran.

Chaque participant devait réaliser la tâche d’écrire soit un court essai sur la façon dont il ressentait sa propre mort, soit sur un sujet religieusement neutre comme la solitude ou la façon de faire face à des situations où tout va de travers.

Après une courte tâche verbale pour distraire les participants du véritable objectif de l’étude, ils ont rempli des questionnaires à propos de leurs croyances religieuses, comprenant leur foi dans le dieu chrétien ou en Jésus, Bouddha et Allah.

Faire face à la mortalité

Sans surprise, quand les chrétiens pensent à la mort, ils deviennent plus fermes dans leurs croyances que les chrétiens vis-à-vis desquels on n’a pas éveillé leur mortalité. Ils acceptent aussi moins Allah et Bouddha, suggérant une adhésion plus intime à leur propre point de vue du monde. De la même manière, les Musulmans qui pensaient à la mort devenaient plus croyants en Allah et acceptaient moins Bouddha ou le dieu Chrétien.

Les athées, qui rejettent toute religion, n’ont affiché aucune de ces réactions à la pensée de la mort. En d’autres termes, le mythe selon lequel les athées se tournent vers Dieu sur les champs de bataille, dans les périodes de crises, difficiles ou en situation de danger ne tient pas, notent les auteurs. Tout comme d’autres recherches, leur étude suggère que "les athées ne font pas plus confiance en la religion quand ils sont confrontés à la conscience de la mort" disent-ils.

Les agnostiques croient que la vérité sur Dieu est inatteignable. Au 17° siècle déjà, le philosophe catholique Blaise Pascal déclarait que si vous ne savez pas s’il faut croire en dieu ou non, vous devriez y croire juste par "sécurité" La Pari de Pascal semble pouvoir s’appliquer aux agnostiques. Quand ils pensent à leur propre mortalité, les agnostiques deviennent plus susceptibles de croire en toute déité, que ce soit la version chrétienne, musulmane ou même bouddhiste. En d’autres termes, ils misent sur les trois.

Enfin, ces résultats montrent la différence de traitement entre les gens de leurs pensées de la mort, notent les auteurs. Des recherches futures pourraient se concentrer sur les différents types de spiritualité qui croient dans les différents types de dieux, ou peut-être sur les systèmes de croyance non théistes tels que le confucianisme ou le taoïsme.


Références et notes :

[1] Exploring the Existential Function of Religion and Supernatural Agent Beliefs Among Christians, Muslims, Atheists, and Agnostics. Kenneth E. Vail III, Jamie Arndt, Abdolhossein Abdollahi. Pers Soc Psychol Bull, 0146167212449361.

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