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La physique des téléphones portables et le cancer

Le 26 décembre 2010

Une des erreurs la plus souvent répétée, dans les médias et chez les gens ne connaissant pas grand-chose à la physique des ondes, est la prétendue relation entre l’utilisation des téléphones portables et les cancers du cerveau. Des comptes-rendus d’une telle relation supposée refont régulièrement surface depuis que les portables sont devenus les accessoires communs que l’on connait depuis les années 1990.

Ces oiseaux de mauvais augure brandissent le fameux principe de précaution, qui considère que si quelque-chose a un potentiel de nuisance pour une large population, alors, même en l’absence de preuve de son danger, la charge de la preuve est inversée (erreur logique) et exige des insouciants qu’ils apportent la preuve que ce danger n’existe pas !

Le principe de précaution, fierté nationale des politiques français, est pourtant un argument faible pour deux raisons : premièrement, il est difficile, pour ne pas dire impossible, de prouver qu’il n’y a pas d’effet ou qu’un phénomène n’existe pas, et deuxièmement cela provoque une angoisse publique et une anxiété personnelle inutiles.

Les téléphones portable et le cancer est une étude de cas mal appliquée dans le principe de précaution, parce que non seulement il n’existe aucune preuve épidémiologique d’une relation causale, mais en plus la physique montre qu’il est de fait impossible pour les téléphones portables de causer des cancers.

La dernière et plus importante étude en date, publiée dans l’International Journal of Epidemiology [1] est un projet de recherche de 24 millions de dollars. Elle comprenait plus de 12000 utilisateurs de téléphones portables à long terme provenant de 13 pays, dont la moitié était des patients touchés par des cancers du cerveau, ce qui a permis aux chercheurs de comparer deux groupes.

Les auteurs de l’étude de conclure : "globalement, aucune augmentation du risque de gliomes (ou tumeurs gliales) ou de méningiomes (les deux formes de tumeurs cérébrales les plus fréquentes) n’a été observée à cause de l’utilisation du téléphone mobile. Il y avait des suggestions d’une augmentation des gliomes aux niveaux les plus élevés d’exposition, mais des biais et erreurs empêchent toute interprétation causale. Les effets possibles à long terme d’une intense utilisation des portables nécessitera d’autres études."

Cette application du principe de précaution est une erreur. Les téléphones portables ne peuvent pas causer de cancer, parce qu’ils n’émettent pas assez d’énergie pour briser les liaisons moléculaires à l’intérieur des cellules. Certaines formes de rayonnement électromagnétique, comme les rayons-X, les rayons gamma et les ultraviolets (UV) sont assez énergétiques pour briser les liaisons des molécules essentielles comme l’ADN et de ce fait produire des mutations qui peuvent conduire au cancer.

Les rayonnements électromagnétiques sous la forme de rayonnement infrarouge, microondes, les signaux télévision et radio, et les prises de courant sont trop faibles pour pouvoir briser ces liaisons. Raison pour laquelle nous ne nous inquiétons pas des radios, des télévisions ni des prises de courant comme causes potentielles de cancers.

Quand les téléphones portables tombent-ils dans ce spectre ? Selon la physique, les carcinogènes comme les rayons-X, les rayons gamma et les rayons UV ont des énergies dépassant les 480 kilojoules par mole (kJ/mole), ce qui est suffisant pour casser les liaisons chimiques. Les photons de lumière verte ont une énergie de 240 kJ/mole, ce qui est assez pour affecter (mais sans briser) les molécules de rhodopsine dans nos rétines qui activent nos bâtonnets photosensibles. Un téléphone portable produit un rayonnement de moins de 0,001 kJ/mole. Ce qui est 480000 fois plus faible que les rayonnements UV et 240000 fois plus faible que la lumière verte !

Même le fait de rendre le rayonnement d’un téléphone mobile plus intense signifiera seulement qu’il y a plus de photos de cette énergie, et non pas des photons plus puissants. Les photons des téléphones portables ne peuvent pas s’additionner pour devenir des photons d’ultraviolets, ni voir leur effet devenir plus puissant que les photons microondes ou radio ne le peuvent.

En fait, si les liaisons des molécules vitales de la vie pouvaient être brisées aux niveaux d’énergie des téléphones portables, il ne pourrait y avoir aucune vie possible, parce que les différentes sources naturelles d’énergie provenant de l’environnement auraient empêché toute formation de ces liaisons au début.

Ainsi, bien qu’il soit en principe difficile de prouver quelque-chose de négatif, dans ce cas, on pourrait dire qu’il est impossible pour les téléphones portables de blesser le cerveau, sauf si bien entendu on se le prend violemment en pleine tête !

- Champs électromagnétiques, environnement et santé. Anne Perrin, Martine Souques.
- Vivre dans les champs électromagnétiques. Pierre Zweiacker.


Références et notes :

[1] Brain Tumour Risk in Relation to Mobile Telephone Use. International Journal of Epidemiology.

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