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Le déclin religieux ne veut pas dire déclin moral

Le 27 janvier 2016

Un chercheur de l’Université de Manchester montre que la moralité n’est pas quelque chose d’enraciné dans la religion, et la religion a moins de rapport avec les valeurs morales de nos jours qu’il y a environ trente ans.

Les résultats du Dr Ingrid Storm, qui reposent sur son analyse d’une enquête Européenne, a trouvé que le déclin de la religion n’était pas égal à un déclin équivalent de la morale. D’après le Dr Storm, qui a publié sa recherche dans le journal Politics and Religion [1], l’implication dans la religion fait le plus de différence avec la moralité dans les pays les plus religieux, et importe moins pour les valeurs morales de nos jours que dans les années 1980.

"La religion a fortement décliné dans beaucoup de pays européens. Chaque nouvelle génération est moins religieuse que celle qui précède, j’ai donc cherché à savoir si on pouvait s’attendre à trouver aussi un déclin de la moralité," dit-elle. Or, son étude a trouvé que la religion n’était associée qu’à certaines valeurs morales, et ce d’autant plus dans les pays religieux et lorsque les habitants ne font pas confiance en leur état.

Les personnes qui ont répondu au questionnaire dans 48 pays européens, sur une période qui s’étale de 1981 à 2008, devaient dire dans quelle mesure et à quelle fréquence elles justifieraient différents comportements discutables, qu’elle avait classés en deux dimensions morales.

La première concernait l’individu qui allait contre la tradition, cela incluait de justifier l’avortement et l’homosexualité. La seconde dimension morale concernait la justification de comportements qui vont contre la loi et qui peuvent blesser d’autres individus, comme le mensonge, la triche et le vol. Le Dr Storm précise : "davantage d’Européens peuvent justifier des comportements qui vont contre certaines traditions, mais leur attitude n’a pas changé quand il s’agit de violer la loi ou de faire du tort à autrui."

"Comme la religion a décliné en Europe, il y a également une plus grande acceptation de l’autonomie personnelle sur des sujets en rapport avec la sexualité et la famille. Chaque génération est plus libérale sur ces sujets que la génération précédente. Au contraire, nous n’avons pas trouvé de preuves que les valeurs morales soient devenues plus égoïstes ou plus antisociales."

La recherche a aussi découvert que les gens religieux sont légèrement moins égoïstes en moyenne, mais cela peut largement s’expliquer par leur âge. En effet, l’individu religieux moyen est plus vieux que la personne qui n’est pas religieuse, et les personnes plus âgées, où qu’elles soient nées, sont moins susceptibles de justifier des valeurs égocentriques.

"La foi religieuse et la pratique religieuse font aussi plus de différence vis-à-vis de la moralité dans les pays les plus religieux. Pour être efficaces, les normes religieuses ont besoin d’être validées par une communauté morale constituée d’autres amis et par la famille religieuse, ainsi que par les institutions politiques et sociales," conclut le Dr Storm.


Références et notes :

[1] Ingrid Storm. Morality in Context : A Multilevel Analysis of the Relationship between Religion and Values in Europe. Politics and Religion, 2015.

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