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Le mythe du manque d’eau

Le 11 décembre 2008

Les deux principales histoires environnementales de ces dernières années concernent les désastres du réchauffement climatique et du manque d’eau. Il y a un consensus scientifique établissant que le réchauffement climatique est bien en train de se produire, et plusieurs gouvernements ont pris des mesures pour s’attaquer au problème.

Mais le problème de l’eau est plus urgent encore ; les gens peuvent vivre avec un réchauffement climatique (et l’ont déjà vécu), mais personne ne peut vivre sans eau.

Alors que boire de l’eau est le besoin vital par excellence, tout autour de nous a besoin d’eau pour être produit, des téléphones aux pneus. Non seulement l’agriculture dépend de l’eau, mais aussi l’industrie. Même la production d’énergie a besoin d’eau, qu’il s’agisse des centrales hydroélectriques ou nucléaires.

La demande augmente

Le bombardement de comptes-rendus d’informations avertit d’un terrible manque d’eau, et fournit des statistiques sérieuses :

- La demande globale d’eau a triplé ces 50 dernières années, alors que les quantités d’eau chutent dans de nombreux pays les plus peuplés du monde, y compris les USA, la Chine et l’Inde.

- Plusieurs des rivières les plus grandes ont vu leur taille se réduire par rapport à ce qu’elles étaient, certaines se sont même complètement asséchées.

- Les lacs dans le monde disparaissent à un niveau alarmant ; la mer d’Aral, par exemple, est à moins d’un quart de sa taille originale. Le Lac Mead du Nevada est à la moitié de sa capacité originale ; une étude récente a conclu qu’il y avait 50% de chances que ce lac disparaisse d’ici 15 ans.

Il est vrai qu’il y a des inquiétudes légitimes, mais pour bien saisir le problème, les gens ont besoin de lire entre les lignes pour comprendre un petit fait : il n’y a pas de manque d’eau.

Notre planète ne se vide pas de l’eau qu’elle possède, ni n’en perd. Il y a environ 1360 quintillions de litres d’eau sur la planète, et cette eau ne va nulle part ailleurs sinon dans un cercle. Le cycle hydrologique de la terre est un système clos, et le processus est aussi vieux que la terre : évaporation, condensation, précipitations, infiltration, et ainsi de suite. En fait, il y a probablement plus d’eau liquide sur Terre qu’il y en avait il y a seulement quelques décennies, ceci à cause du réchauffement climatique et de la fonte des glaces.

Les problèmes

Il y a donc beaucoup d’eau. Le problème vient de ce que la vaste majorité de l’eau sur Terre se trouve dans les océans sous forme d’eau salée, et doit être désalinisée avant d’être utilisée pour boire ou pour l’agriculture.

Une désalinisation à grande échelle peut être faite, mais cela coute très cher.

Le monde n’est pas non plus en rupture de stock d’eau douce. Il y a quantité d’eau douce sur notre globe ; il ne pleut pas moins actuellement qu’il pleuvait le millénaire dernier. Comme avec toute ressource, il y a des manques régionaux, et qui empirent. Mais les véritables problèmes sont la disponibilité et le transport ; déplacer de l’eau douce d’où elle est en quantité (comme au Canada, en Amérique du Sud ou en Russie) vers des endroits où elle manque (comme au Moyen Orient, en Inde et en Afrique). L’eau est une denrée lourde et chère à transporter, et ceux qui peuvent se la procurer ne manqueront jamais d’eau.

L’eau, et non le réchauffement climatique, est susceptible d’être le challenge environnemental le plus important dans le monde pour les décennies ou les siècles à venir.

Pour trouver des solutions, il est important de bien cerner le problème. L’eau n’est jamais vraiment "gaspillée". Elle se déplace seulement d’une place vers une autre. Si vous laissez votre robinet fuir ou couler toute la journée, cette eau propre retourne dans le système, cette eau n’est pas "perdue". Ce qui est perdu c’est son utilité, c’est de l’argent et de l’énergie car cela consomme de l’énergie de purifier et de distribuer cette eau potable.

La protection de l’eau est très importante, non pas parce qu’il y a un manque d’eau, c’est une ressource renouvelable. Mais comme avec toute ressource, le problème est d’en fournir à ceux qui en ont besoin.

- Pour en finir avec les histoires d’eau : L’imposture hydrologique. Jean de Kervasdoué, Henri Voron.


Références et notes :

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