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Les articles anonymes surestiment les bénéfices de la thérapie hormonale

Le 8 septembre 2010

La première analyse académique des 1500 documents descellés dans la récente procédure en justice contre le géant pharmaceutique Wyeth (filiale de Pfizer) a donné un aperçu sans précédent de la façon dont les compagnies pharmaceutiques utilisent les "nègres" pour insérer des messages dans les articles publiés dans les journaux médicaux [1].

Le Dr. Adriane Fugh-Berman, professeur associé au Département de Physiologie du Centre Médical de l’Université Georgetown de Washington, a analysé des douzaines de revues et commentaires écrits anonymement et publiés dans des journaux médicaux, et des suppléments de journaux, qui étaient utilisés pour promouvoir des bénéfices non prouvés et passer sous silence les dangers du Prempro, une marque de thérapie hormonale contre la ménopause, ainsi que pour charger négativement les thérapies concurrentes. Ces articles circulaient largement des visiteurs médicaux aux médecins pour disséminer les messages marketing du laboratoire.

Wyeth a eu recours à une société de communication, DesignWrite, pour produire des articles anonymes dans le but d’atténuer les risques perçus des cancers du sein associés à cette thérapie hormonale, pour défendre les "bénéfices" cardiovasculaires non confirmés, et pour promouvoir une utilisation plus large, non prouvée, de la thérapie comme dans la prévention de la démence sénile, la maladie de Parkinson, les problèmes de vue et les rides, écrit Fugh-Berman.

L’analyse a révélé que DesignWrite a été payée 25000 US dollars pour écrire ces articles rapportant des essais cliniques, comprenant quatre manuscrits sur des essais à faibles doses de Prempro. DesignWrite a aussi écrit 20 articles de revue à propos du médicament, pour lesquels ils ont été payés 20 000 dollars chacun.

L’analyse conclut qu’"étant donné les éléments de preuve croissants montrant que l’écriture anonyme a été utilisée pour faire la promotion de la thérapie hormonale et d’autres médicaments, la profession médicale doit prendre des mesures pour s’assurer que les prescripteurs renoncent à participer à cette pratique, et s’assurer que les relations peu scrupuleuses entre l’industrie du médicament et les scientifiques soient évitées plutôt que courtisées."

En juillet 2009, PLoS Medicine, représentée par la société d’avocats de droit public Public Justice, et le New York Times, ont agit comme intermédiaires dans le cadre d’une procédure contre les fabricants d’hormone pour la ménopause par 14000 plaignants qui déclaraient avoir développé un cancer du sein suite à la prise de Prempro. Il en résulta la mise à disposition du public de 1500 documents, archives consultables via ce lien http://www.plosmedicine.org/static/ghostwriting.action.

- La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique. William Broad, Nicholas Wade.
- S’entraîner à la lecture critique d’un article médical. Collectif.


Références et notes :

[1] Fugh-Berman AJ (2010). The Haunting of Medical Journals : How Ghostwriting Sold ’’HRT’’. PLoS Medicine 7(9) : e1000335

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