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Les déodorants sans aluminium sont-ils vraiment meilleurs à la santé ?

Le 12 février 2019

Il suffit de faire les rayons d’un supermarché, biologique ou non, ou d’une parfumerie pour y trouver une quantité importante de déodorants affichant clairement qu’ils sont sans aluminium.

Cela soulève bien entendu beaucoup de questions plus ou moins odoriférantes : est-ce que tous les déodorants que vous avez répandus sur votre peau et sous vos aisselles jusqu’à ce jour contenaient de l’aluminium, et est-ce que cela est dangereux pour votre santé ?

La réponse, à moins d’être allergique à l’aluminium, est "non". Toutes les plus importantes recherches faites sur l’aluminium des anti-transpirants depuis le début des années 2000 ont montré qu’ils ne constituaient pas un problème. L’affirmation disant que les anti-transpirants qui contiennent de l’aluminium causent le cancer est un mythe qui a été réfuté par les chercheurs.

L’idée que les anti-transpirants avec de l’aluminium pouvaient être liés au cancer provient d’études qui datent du début des années 2000 qui ont montré que si on appliquait beaucoup de déodorant Old Spice sur certaines cellules dans une boite de Pétri, alors ces cellules vont subir des dommages de leur ADN. Certains chercheurs ont suggéré [1] que l’aluminium présent dans les déodorants pouvait être le coupable, et que les déodorants à base d’aluminium pourraient causer des cancers du sein chez les femmes. Quelles sont les éléments de preuve démontrant ce lien supposé ? Et bien cela vient de ce que les cancers du sein semblent être plus susceptibles de se développer près des aisselles que loin d’elles !

Le problème avec cette ligne de pensée est qu’il y a beaucoup de choses qui causent des dommages à l’ADN des cellules individuelles dans une boite de Pétri, mais qui ne causent pas de cancers aux êtres humains. Le fait de baigner des cellules isolées dans une solution fortement chimique est une première étape si vous voulez savoir si un élément chimique pourrait être dangereux. Mais ce genre d’étude peut vous dire si cet élément chimique vaut la peine d’être étudié plus avant, mais pas s’il constitue réellement un problème dans la façon dont les êtres humains l’utilisent.

Pour aller plus au fond des choses, des scientifiques se sont plongés dans le monde des anti-transpirants. Leurs résultats ont réfuté de fond en comble l’idée que les femmes qui utilisent des anti-transpirants ont plus souvent des cancers du sein que celles qui n’en utilisent pas. Une étude publiée dans Critical Reviews in Toxicology [2] en 2014 a minutieusement examiné toutes les recherches existantes concernant les problèmes de santé liés à l’aluminium, et n’a pas trouvé de preuves que les anti-transpirants représentaient un danger particulier pour la santé humaine.

Les fabricants de déodorants mettent de l’aluminium dans leurs formules parce que cela bloque les canaux sudoripares, mais il ne pénètre pas plus profondément dans la peau. C’est ce qui en fait un anti-transpirant efficace. Pour qu’un composé cause le cancer, un mécanisme doit être associé à une absorption dans le sang dans une concentration suffisamment élevée pour causer une toxicité, et ce n’est pas le cas avec les composés qui font habituellement les produits appliqués sous les aisselles.

En d’autres termes, pour qu’un élément chimique cause un cancer, il doit entrer dans le corps à hautes doses. Une petite application quotidienne d’aluminium sous les aisselles ne produit pas cet effet. Pour vous débarrasser de tout l’aluminium présent dans le corps, il ne suffira pas d’arrêter de mettre du déodorant. La marijuana et le tabac contiennent de l’aluminium [3]. Et, bien entendu, il est aussi présent dans le papier d’aluminium, les couverts et les ustensiles de cuisine.

Les personnes qui courent le plus grand risque d’avoir des cancers associés à l’aluminium sont les travailleurs dans les fonderies et autres usines dans lesquelles il y a de fortes concentrations de poussières d’aluminium dans l’air. Mais c’est une situation bien différente de celle qui consiste à appliquer un gel sur la peau.

La peau est une véritable barrière qui protège le corps du monde extérieur. La seule exception sont les personnes qui souffrent d’allergies ou qui sont irritées par les anti-transpirants. Ces dernières peuvent utiliser des produits alternatifs comme le glycopyrrolate pour bloquer la transpiration.


Références et notes :

[1] J Inorg Biochem. 2005, Sep ;99(9):1912-9. Aluminium, antiperspirants and breast cancer.

[2] Systematic review of potential health risks posed by pharmaceutical, occupational and consumer exposures to metallic and nanoscale aluminum, aluminum oxides, aluminum hydroxide and its soluble salts. Crit Rev Toxicol. 2014.

[3] Systematic review of potential health risks posed by pharmaceutical, occupational and consumer exposures to metallic and nanoscale aluminum, aluminum oxides, aluminum hydroxide and its soluble salts. Crit Rev Toxicol. 2014.

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