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Les plastiques biodégradables aussi polluants que les plastiques classiques

Le 25 octobre 2010

Une analyse réalisée par l’Université de Pittsburg, et publiée dans Environmental Science & Technology [1], sur les plastiques biodégradables fabriqués à partir de plantes et les plastiques fabriqués à partir de pétrole, révèle que les biopolymères ne sont pas meilleurs pour l’environnement que leurs équivalents dérivés du pétrole.

L’équipe de scientifiques a découvert que tandis que les biopolymères sont les matériaux les plus écologiques à l’utilisation, les plastiques traditionnels peuvent être moins couteux à produire pour l’environnement.

Les biopolymères font mieux que les autres plastiques pour leur biodégradabilité, leur faible toxicité et l’utilisation de ressources renouvelables. Néanmoins, la culture et la transformation chimique nécessaires pour les produire peuvent dévorer de l’énergie, et déverser des engrais et des pesticides dans l’environnement, notent les auteurs de l’étude.

Les chercheurs ont examiné 12 plastiques, sept à base de polymères de pétrole, quatre biopolymères et un hybride. L’équipe a d’abord réalisé une évaluation du cycle de vie de chaque étape de pré-production des polymères, pour jauger leurs effets sur l’environnement et la santé, les matériaux bruts et les éléments chimiques pour créer 30 grammes de granule de plastique. Ils ont ensuite comparé chaque plastique dans sa forme finale avec les principes biologiques comme la biodégradabilité, l’efficacité énergétique, le gaspillage et la toxicité.

Les biopolymères faisaient partie des polluants les plus prolifiques dans le processus de production, révèle l’étude. L’équipe est arrivée à cette conclusion à cause des engrais et pesticides agricoles utilisés, l’agriculture intensive pour les produire, et l’intense transformation chimique nécessaire pour transformer les plantes en plastique "bio".

Les quatre biopolymères étaient les contributeurs les plus importants à la réduction de l’ozone. Les deux formes de polymères dérivés de l’amidon testés, l’acide polylactique standard (PLA) et une forme fabriquée par une société (NatureWork) du Minnesota (PLA-NW), qui est la forme de plastique dérivé de l’amidon la plus fréquente aux États-Unis, ont montré avoir la contribution maximale à l’eutrophisation, qui apparaît lorsque des plans d’eau sur-fertilisés ne sont plus en mesure de contenir de la vie. Un type de polyhydroxyalkanoates dérivé des céréales (PHA-G) se situe au somment de la catégorie pour ce qui est de l’acidification. En outre, les biopolymères dépassent la plupart des polymères dérivés du pétrole pour ce qui est de l’écotoxicité et des émissions carcinogènes.

Cependant, une fois qu’ils sont utilisés, les biopolymères font mieux que les polymères traditionnels pour ce qui est de leur action sur l’environnement. Par exemple, les plastiques dérivés de l’amidon passent de la 6° place (en phase de production) à la première pour leur respect de la nature. D’un autre côté, les plastiques polypropylènes, beaucoup utilisés en emballage, étaient les polymères les plus propres à produire, mais chutent à la 9°place en tant que matériau durable.

Il est intéressant de noter que les chercheurs ont découvert que les hybrides composés de plantes et de pétrole, les biopolyéthylènes téréphtalates, associent à la fois les défauts de l’agriculture à la persistance structurelle du plastique standard pour être nocif à la production (12°) et à l’utilisation (8°).


Références et notes :

[1] M. Tabone, J. Cregg, E. Beckman, A. Landis. Sustainability Metrics : Life Cycle Assessment and Green Design in Polymers.. Environmental Science & Technology, 2010 ; 100924123806089

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