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Les vitamines et compléments alimentaires n’empêchent pas le déclin cognitif

Le 16 avril 2013

Une revue de la recherche publiée [1] n’a trouvé aucune preuve que les médicaments, les produits aux plantes ou autres suppléments de vitamines étaient utiles dans la prévention du déclin cognitif chez les adultes plus âgés en bonne santé.

Mais leur analyse a trouvé quelques éléments montrant que des exercices mentaux, comme certains programmes d’entrainement de la mémoire, pouvaient aider. "Cette revue apporte des éléments de preuve pour aider les cliniciens et leurs patients à aborder le problème en toute connaissance, et savoir quelles stratégies pourraient prévenir le déclin cognitif" explique le Dr Raza Naqvi de l’Université de Toronto, auteur de l’étude.

Le problème est d’importance étant donné que la détérioration cognitive légère affecte 10 à 25% des gens de plus de 70 ans. Le déclin cognitif léger se caractérise par une mémoire, une capacité de jugement et des aptitudes de prise de décision diminués comparés à quelqu’un d’un âge similaire, mais pas assez pour interférer avec les activités de tous les jours.

Le taux annuel de déclin vers la démence, comme la maladie d’Alzheimer, est d’environ 10%. Étant donné ce taux et la population vieillissante, on estime que le nombre d’individus atteints doublera d’ici 25 ans. Les chercheurs ont passé en revue 32 études cliniques randomisées qui ont impliqué 25000 patients environ.

Ils n’ont pas trouvé de preuves solides en faveur des traitements pharmacologiques comme les inhibiteurs de cholinestérase, qui ont été développés pour améliorer l’efficacité de l’acétylcholine, un messager chimique qui assiste la mémoire, la pensée et le jugement.

Il n’y avait pas plus de preuve que les suppléments aux plantes, comme le ginkgo biloba, amélioraient le fonctionnement cognitif, ni en faveur des vitamines ni des acides gras comme la vitamine B6 ou les acides gras omega-3. Certaines études sur les œstrogènes indiquaient même une augmentation de la détérioration cognitive et de la démence.

Les preuves sur la valeur de l’exercice physique, comme l’entrainement de musculation, étaient tout aussi faibles. Les preuves les plus solides allaient en faveur des exercices mentaux comme les programmes informatiques d’entrainement ou ceux relatif au travail de la mémoire, du raisonnement ou de la vitesse de traitement.

Le Dr Naqvi déclare que les études à venir devraient s’intéresser à l’impact de l’entrainement cognitif dans le cadre de la prévention du déclin cognitif. "Nous encourageons les chercheurs à prendre en considération des outils facilement accessibles tels que les mots croisés et le sudoku qui n’ont jamais été étudiés de façon rigoureuse" dit-il. "Les études de cette analyse qui a évalué les exercices cognitifs, utilisaient des exercices qui étaient à la fois exigeants en main d’œuvre et en ressources, et pourraient de ce fait ne pas être applicables à la plupart de nos patients".


Références et notes :

[1] Preventing cognitive decline in healthy older adults. Raza Naqvi, Dan Liberman, Jarred Rosenberg, Jillian Alston, Sharon Straus. CMAJ, 2013, DOI:10.1503/cmaj.121448.

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