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Peu d’effet des isoflavones de soja sur la perte osseuse

Le 10 février 2010

Une étude précédente de 6 mois de l’Université de l’Iowa avait indiqué que le fait de consommer de petites quantités de protéine de soja, riches en isoflavones, réduisait la perte osseuse lombaire de la colonne vertébrale chez les femmes récemment ménopausées. Mais une étude de trois ans cette fois, n’a pas montré d’effet sur les os des femmes ménopausées qui consommaient des tablettes d’isoflavones de soja, excepté pour un effet modeste au col du fémur (hanche) chez celles qui avaient pris les doses les plus élevées.

L’étude clinique multi-centres sur 224 femmes ménopausées, dirigée par Lee Alekel, professeure de nutrition, est à ce jour la plus longue jamais conduite sur les effets des isoflavones de soja sur la densité minérale des os. Elle a comparé les effets d’une consommation de 80 mg, ou de 120 mg, de tablettes d’isoflavones de soja par jour, contre des tablettes placébo, sur la densité minérale des os (DMO) et sur d’autres critères de la santé.

Les premiers résultats de leur étude ont été publiés dans le Journal Américain de Nutrition Clinique (American Journal of Clinical Nutrition) [1].

"Notre étude préliminaire de six mois, publiée en 2000, indiquait que les protéines de soja, riches en isoflavones, exerçaient l’impact le plus grand dans le ralentissement de la perte de densité osseuse des vertèbres lombaires" dit Alekel. "Mais nous pensions avoir besoin de reproduire ces résultats dans une étude avec un échantillon de sujets plus grand, et sur une plus longue durée, ce que nous avons fait avec cette étude sur trois années."

"Dans cette étude plus longue, nous avions suffisamment de puissance pour détecter un changement" continue-t-elle. "Nous avons enregistré les effets secondaires, avons eu un excellent suivi et isolé les facteurs potentiellement confondants."

Les chercheurs ont réalisé des analyses statistiques pour déterminer les changements de la densité osseuse des vertèbres lombaires, du fémur total (hanche), du col du fémur et de tout le corps. Ils ont tenu compte du traitement, de l’âge, de la masse graisseuse du corps entier et des retraits osseux (en utilisant un marqueur biochimique).

Alors que les doses de 120 mg d’isoflavones ont révélé un petit effet protecteur sur la densité osseuse du cou, les chercheurs n’ont trouvé aucun effet significatif du traitement sur les vertèbres lombaires, la hanche ou la densité des os du corps entier.

"Cette étude qui a utilisé des isoflavones extraits de protéines de soja, compressés sous forme de tablettes consommées pendant une durée de trois ans, ce qui est très différent des protéines de soja ou des aliments au soja" dit Alekel. "Dans notre récente étude, nous n’avons pas démontré d’effet biologique important sur la densité osseuse ni de modification des os."

Cette nouvelle étude remet en question la valeur des tablettes d’isoflavones de soja consommées par les femmes après la ménopause, pour les aider parait-il à ralentir ou éviter les effets de l’ostéoporose.

"La prépondérance d’études qui ont été publiées, particulièrement les études à long terme et rigoureusement conduites comme la nôtre, ont montré de très faibles, voire pas du tout, d’effets biologiques des isoflavones de soja sur la densité des os" dit-elle. "Ce domaine de recherche a attiré les ’croyants’, rendant difficile de les convaincre du contraire. Ils pourraient continuer à croire ce qu’ils veulent croire, plutôt que ce que les preuves démontrent."

Et quand il s’agit de minimiser les conséquences de l’ostéoporose chez les femmes après la ménopause, Alekel propose une approche plus globale. "Les gens, en général, voudraient un truc facile. Nous voudrions tous que les isoflavones de soja soient cette pilule magique, mais cette étude montre que ce n’est pas le cas" termine-t-elle.


Références et notes :

[1] The Soy Isoflavones for Reducing Bone Loss (SIRBL) Study : a 3-y randomized controlled trial in postmenopausal women. American Journal of Clinical Nutrition, Jan 2010 ; 91 : 218 - 230.

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