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Pour sauver la planète : faites moins de gosses !

Le 20 août 2009

Pour les gens qui cherchent un bon moyen de réduire leur "empreinte carbone", voici une idée radicale mais qui, d’après les scientifiques, pourrait avoir un impact important sur le long terme : faire moins d’enfants.

Une étude des statisticiens de l’Université de l’État de l’Oregon [1] a conclu qu’aux Etats-Unis, l’impact de l’héritage de carbone et de gaz à effet de serre d’un enfant en plus est presque 20 fois plus important que certaines pratiques environnementales que les gens pourraient employer pendant leur vie entière, comme conduire une voiture avec beaucoup de kilomètres, recycler, ou utiliser des appareils et des lumières économes en énergie.

"Dans les discussions à propos des changements climatiques, nous avons tendance à nous focaliser sur les émissions de carbone d’un individu sa vie durant" déclare l’un des membres de l’étude Paul Murtaugh. "Il s’agit de problèmes importants, et il est essentiel qu’on les prennent en compte. Mais un challenge supplémentaire doit être pris en considération, celui de la croissance continue de la population et de la consommation croissante des ressources."

Les choix natalistes n’ont pas attiré l’attention plus que cela dans la prise en compte de l’impact humain sur la Terre, dit Murtaugh. Quand un individu fait un enfant, et que cet enfant fait lui-même davantage d’enfants dans le futur, l’effet sur l’environnement peut être de plusieurs fois l’impact produit par une personne pendant toute sa vie.

L’impact de l’enfant

Par exemple, dans les conditions actuelles aux Etats-Unis, chaque enfant ajoute environ 9441 tonnes de dioxyde de carbone à la part de carbone d’un parent moyen, environ 5,7 fois les émissions d’une vie dont est responsable une personne en moyenne.

L’impact ne vient pas seulement d’une augmentation des émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre, les populations les plus importantes génèrent aussi plus de gaspillage d’eau.

D’autres impacts sur l’environnement ont été récemment rapportés :

- Une étude de 2007 a trouvé que le divorce dilapide les ressources, parce que les gens qui ont partagé des ressources, comme l’énergie, en utilisent alors deux fois plus, chacun sous son toit.
- L’épidémie d’obésité actuelle pourrait aussi faire du tort au climat, parce que la production de nourriture est un des contributeurs majeurs au réchauffement global.

L’impact d’avoir des enfants diffère selon les pays. Alors que certaines nations développées ont des populations et des taux de croissance de population plus importants, leur impact général sur l’équation carbone est souvent réduit par une espérance de vie plus courte et moins de consommation. L’étude a trouvé que l’impact, à long terme, de la naissance d’un enfant né dans une famille en Chine est plus faible d’un cinquième que celui d’un enfant né aux USA.

Cependant, comme le monde en voie de développement augmente à la fois sa population et ses niveaux de consommation, cette équation pourrait se niveler.

"La Chine et l’Inde augmentent leurs émissions de carbone et leur développement industriel, d’autres pays en voie de développement pourraient aussi continuer à les augmenter dans leurs quête vers un mode de vie plus moderne" dit Murtaugh.

Les chercheurs notent qu’ils ne poussent pas les gouvernements à contrôler les naissances, ni à intervenir auprès des populations en ce sens, mais ils veulent simplement faire prendre conscience aux gens des conséquences pour l’environnement de leurs choix reproductifs.

"De nombreuses personnes ne connaissent pas la puissance de la croissance exponentielle de la population" dit Murtaugh. "Cette croissance future amplifie les conséquences des choix natalistes actuels, de la même façon qu’un intérêt capitalisé amplifie un équilibre financier."

- L’homme est-il responsable du réchauffement climatique ? Legendre A.


Références et notes :

[1] Reproduction and the carbon legacies of individuals. Global Environmental Change Vol. 19, Iss.1, Fev 2009, pp 14-20.

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