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Promouvoir un scepticisme utile dans la santé

Le 21 novembre 2009

Un éditorial publié dans le Journal de L’Institut National du Cancer (Journal of the National Cancer Institute) évoque les peurs et les espoirs exagérés qui apparaissent souvent dans les informations couvrant la recherche contre le cancer. L’éditorial donne des éléments de formation à la fois pour les médias, trop souvent motivés par le scoop, et les journaux pour les aider à éviter ce problème dans la précipitation.

Les Dr Lisa Schwartz et Steven Woloshin, ont utilisé pour ce faire la couverture médiatique de deux études, l’une publiée dans le New England Journal of Medicine, l’autre dans le JNCI pour faire leur démonstration.

La publicité autour des résultats de l’étude sur un nouveau médicament contre le cancer, olaparib, qui est apparue dans le NEJM, a créé un espoir exagéré de plusieurs façons. Un rapport d’informations national déclarait que ce médicament "était la découverte la plus importante de la décennie contre le cancer", mais a oublié de préciser que l’étude n’était pas contrôlée (il n’y a pas moyen de savoir si le médicament comptait dans les résultats et dans quelles proportions), et très préliminaire (on ne sait pas si les résultats se traduiront en une espérance de vie plus longue).

Les éditorialistes rapportent aussi la couverture d’un article du JNCI sur la consommation d’alcool et le risque de cancer chez les femmes, pouvant causer d’inutiles peurs : "un verre par jour augmente le risque de cancer chez les femmes", lit-on en gros titres du journal. Malheureusement, la couverture ne donne pas la grandeur du risque. En comparant les niveaux les plus élevés de la consommation d’alcool (≥ 15 verres par semaine) à la plus faible (un ou deux verres par semaine), les enquêteurs ont observé une augmentation absolue de 0,6% du risque de diagnostic de cancer du sein, passant de 2% à 2,6% sur plus de 7 ans.

Cependant, d’après les éditorialistes, les journalistes ne sont pas les seuls à blâmer. Les journaux médicaux retirent parfois des éléments importants des études. Dans plusieurs cas, les risques absolus et les limitations des études sont oubliés des extraits et des communiqués de presse.

Pour aider les journalistes et les journaux médicaux, les éditorialistes ont inclus des feuillets de conseils, avec un guide sur les questions à poser aux auteurs des études, l’interprétation des statistiques et des moyens pour mettre faire ressortir les limitations des études.

"Nous espérons que des efforts, dans les journaux médicaux et des journalistes, aideront à encourager un certain scepticisme dans les informations médicales " écrivent les auteurs. "Plus précisément, instituer un niveau plus élevé dans la couverture des études très préliminaires ou faibles en soi, fournir habituellement des données pour soutenir les déclarations et toujours mettre le doigt sur les limitations des études."

- Reporting on cancer research.
- Petit cours d’autodéfense intellectuelle. Normand Baillargeon.


Références et notes :

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