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Une illusion qui n’est pas que dans la tête

Le 2 septembre 2008

Une illusion qui trompe les gens de façon à leur faire croire qu’une main en plastique leur appartient, ce n’est pas que dans la tête, affirment des chercheurs de l’Université d’Oxford. Car ces derniers ont aussi observé une réponse physique. Cette découverte éclaire les conditions qui affectent le sens de soi, et le ressenti de son propre corps, chez le patient comme dans le cas d’un malaise cardiaque, de la schizophrénie, l’autisme ou des problèmes alimentaires.

L’illusion de la main en plastique consiste à placer une fausse main devant le participant, dans son champ de vision et près de sa véritable main. La vraie main est alors cachée derrière un panneau. Si la véritable main et la main en plastique sont touchées ou frappées de la même façon en même temps, le participant essaye de coordonner ce qu’il ressent (sa main frappée) et ce qu’il voit (la fausse main en train d’être frappée). Il peut donc expérimenter un "transfert" en croyant que sa main est à la place de la fausse main.

"Les gens font l’expérience de cette illusion étrange" dit le Dr G. Lorimer Moseley du Département de Physiologie, d’Anatomie et de Génétique à l’Université d’Oxford. "Ils diront des choses comme : ’c’est comme si la fausse main m’appartenait’".

Le Dr Moseley, avec le Professeur Charles Spence du Département de Psychologie Expérimentale et des chercheurs d’Italie et des Pays-Bas, ont rapporté dans le journal PNAS que le fait d’ajouter cette main en plastique, dans cette prise de conscience de soi, avait aussi un coût physique. C’est comme s’ils reniaient leur vraie main, et il en résulte une chute mesurable de la température de la main.

"L’illusion de la main en plastique est un superbe mécanisme pour manipuler notre sens de nous-mêmes" dit le Dr Moseley. "Il nous dit que notre sens de notre corps, notre sens de ’qui nous sommes’, est labile.". La propriété du corps est un des aspects fondamentaux de la conscience de soi, le sentiment que votre corps vous appartient et est toujours là. Ce sens, très important, de soi-même est rompu dans tout un ensemble de conditions neurologiques, psychiatriques et psychologiques différentes, comme après une crise cardiaque, une attaque, dans le cadre de l’autisme, l’épilepsie, l’anorexie et la boulimie.

Ceux qui souffrent du syndrome douloureux régional complexe (algodystrophie) peuvent vivre une distorsion significative de leur sens physique. Ils peuvent renier un membre, en sentant qu’il ne leur appartient pas, ou qu’un membre est plus gros qu’il n’est en réalité.

Plusieurs conditions caractérisées par des distorsions de l’image du corps, ou de sa propriété, se caractérisent aussi par une rupture de la température d’un côté du corps ou d’un seul membre. "Nous voulions voir si nous pouvions reproduire cette expérience. Nous voulions voir si nous pouvions manipuler notre sens de la propriété de notre corps et reproduire cette chute de température" dit le Dr Moseley. "C’est exactement ce que nous avons constaté."

"Notre sens de notre propre physique vient de notre naissance et des messages constants que le cerveau reçoit de toutes les parties de notre corps. Nous avons montré que c’est une rue à double sens. L’esprit peut aussi influencer les tissus organiques du corps. Nous avons démontré que l’esprit peut contrôler une partie spécifique du corps."

- Psychologically induced cooling of a specific body part caused by the illusory ownership of an artificial counterpart. G. Lorimer Moseley, N. Olthof, A. Venema, S. Don, M. Wijers, A. Gallace, C. Spence.
- Psychologie du cerveau : Pour mieux comprendre comment il fonctionne. Alain Lieury.


Références et notes :

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