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Vaccins et autisme : de nombreuses hypothèses mais pas de corrélation

Le 30 janvier 2009

Une nouvelle et vaste revue résume les nombreuses études réfutant les déclarations de liens entre les vaccins et l’autisme. La revue, publiée dans l’édition de février 2009 de Clinical Infectious Diseases, étudie les trois principales hypothèses et montre comment les études épidémiologiques et biologiques réfutent ces déclarations.

"Quand une hypothèse expliquant comment les vaccins causeraient l’autisme est réfutée, une autre voit le jour invariablement pour prendre sa place" dit l’auteur de l’étude, le Dr Paul Offit de l’Hôpital pour Enfants de Philadelphie. La peur des vaccins fait baisser les taux de vaccination et a un impact réel sur la santé publique, ajoute-t-il. Le refus du vaccin contribue à l’augmentation actuelle des cas d’Haemophilus influenzae dans le Minnesota, ainsi que le décès d’un enfant, et a été un des facteurs de l’augmentation de rubéole en Californie l’an dernier.

La controverse a commencé avec une étude de 1998 dans The Lancet qui suggérait un lien entre le vaccin ROR (Rubéole-Oreillons-Rougeole) et l’autisme. Le Dr Offit et le Dr Jeffrey Gerber ont passé en revue plus d’une douzaine d’études d’importance, dirigées dans cinq pays différents, qui ont utilisé différentes méthodes pour traiter le problème, et ont conclu qu’aucune donnée ne confirmait l’association entre le vaccin ROR et l’autisme. La corrélation entre le ROR et l’apparence de symptômes d’autisme est purement une coïncidence, expliquent les auteurs, parce que le vaccin ROR est donné à un âge où les symptômes de l’autisme apparaissent habituellement.

Le conservateur thimérosal, qui a été utilisé dans les vaccins pendant 50 ans et contenant de l’éthylmercure, a aussi été hypothétisé comme cause. Cependant, les auteurs ont passé en revue sept études provenant de cinq pays qui ont montré que la présence ou l’absence de thimérosal dans les vaccins n’a pas affecté les taux d’autisme.

La troisième suggestion était que l’administration simultanée de plusieurs vaccins épuisait ou affaiblissait le système immunitaire. Les auteurs expliquent que le système immunitaire des enfants "manipule" régulièrement bien plus que la petite quantité de produit contenu dans les vaccins. En outre, les vaccins de nos jours contiennent moins de composants déclenchant une réponse immunitaire que ceux des décennies passées. De toutes façons, l’autisme n’est pas provoqué par une réponse immunitaire, expliquent les auteurs.

Avec des manifestations de maladies évitables par les vaccins en hausse à cause de parents inquiets et qui choisissent de ne pas vacciner leurs enfants, le Dr Offit déclare : "Les parents doivent réaliser que le choix de ne pas vacciner n’est pas un choix sans risques. C’est seulement le choix de prendre un risque différent, mais autrement plus sérieux."

- Vaccines and Autism : A Tale of Shifting Hypotheses. J. Gerber, P. Offit. Clinical Infectious Diseases 2009 ;48:456–461
- Les prêcheurs de l’Apocalypse : Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires. Jean de Kervasdoué
- Les charlatans de la santé. Jean-Marie ABGRALL.


Références et notes :

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